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La « nature », une idée qui évolue au fil des civilisations - The Conversation
Mon 10 May - 20:07

On a souvent tendance à opposer la diversité des cultures, fruit de l’intarissable imagination créatrice de l’humanité, à « la » nature, qui serait une réalité univoque et objective.

Toutefois, l’idée même de nature varie dans le temps et l’espace, et ces variations conditionnent notre rapport au monde.

Disons d’abord que les différentes cultures n’envisagent pas la nature de la même manière : si l’on traduit le mot européen d’origine latine « nature » dans d’autres langues du monde, ses soi-disants équivalents – zì rán en chinois, tabî’a en arabe, prakṛti en hindi… – sont tous porteurs d’un bagage étymologique, sémantique, culturel et philosophique qui en fait des concepts bien distincts.

Ainsi, la traduction donne l’illusion d’une correspondance là où il n’y a en fait qu’une analogie plus ou moins vague.

Au sein d’une même culture, les concepts évoluent au cours du temps et des écoles de pensée ; ce que l’on nomme aujourd’hui « nature » en se prévalant d’Aristote, Descartes ou Darwin, n’a plus vraiment de rapport avec ce que ces auteurs entendaient par ce mot.

Il y a donc bien des manières d’appréhender la nature. Quelles sont les implications politiques de cette pluralité ?

Les humains d’un côté, la nature de l’autre

Dans cette diversité, une représentation particulière de la nature est aujourd’hui souvent critiquée – et parfois caricaturée – par toute une génération de penseurs, dans le sillage de Philippe Descola et de Bruno Latour, en passant par la deep ecology d’Arne Naess.

Il s’agit de la nature vue comme opposée à l’humain (et donc à l’esprit, au politique, à l’histoire), une nature matérielle, passive et radicalement extérieure à nous.

Cette nature est appelée « naturaliste » ou « moderne » par ces auteurs, car elle semble typiquement occidentale : on l’envisage comme un simple réservoir de matières premières, que l’on vient exploiter ou contempler, mais toujours dans l’idée que les humains et leurs sociétés n’en font pas partie, se développant de leur côté, dans des espaces urbains ou agricoles qui relèveraient exclusivement de la « culture ».

Mais cette vision est-elle aussi hégémonique qu’on le croit ?

Un processus créatif qui nous embrasse

En fait, l’écrasante majorité des définitions de la nature, qu’on les cherche dans l’histoire occidentale ou dans les autres cultures, tend plutôt à inclure les humains dans la nature, et à voir dans celle-ci un processus créatif qui nous embrasse plutôt qu’un ensemble matériel inerte.

C’était d’ailleurs le cas dans la Grèce antique, où la phusis est un principe créateur de développement, dont l’humanité fait partie intégrante.

On retrouve une idée similaire dans l’étymologie de ses équivalents au sein de nombreuses langues, comme l’hindi prakṛti (qui signifie « prolifération »), le slave priroda (« génération »), le hongrois természet (« poussée végétale »), ou encore le finnois luonto (« puissance occulte »).

Finalement, seul le terme sémitique tabî’a (« marque imprimée ») exprime explicitement une vision fixiste et passive de la nature, qui semble très liée au monothéisme. Une vision très minoritaire, donc, mais qui a connu à travers les religions abrahamiques une extraordinaire expansion.

Conserver le « patrimoine » naturel

Cette définition de la nature comme ensemble extérieur et fixe a été historiquement mobilisée dans le cadre de la protection de la nature, calquée au XIXe siècle sur la protection du patrimoine ; on parlait alors souvent de la protection des « monuments naturels », ancêtre du concept de « patrimoine naturel ».

Dans cette optique, la protection de la nature devait adopter les techniques et buts de la conservation du patrimoine historique : entretenir un objet dans un état déterminé pour empêcher sa dégradation (toute évolution étant perçue comme telle), qu’il s’agisse d’une cathédrale ou d’une montagne.

On trouve cette vision chez les premiers conservationnistes américains de la génération de John Muir (1838-1914), et jusqu’à Aldo Leopold (1887-1948) ; l’objectif est de limiter les excès de la société industrielle, en la contraignant à laisser quelques espaces dans leur aspect initial tandis que l’exploitation se déchaîne ailleurs.

La rapidité avec laquelle les grands espaces de l’Amérique des pionniers disparaissaient alors sous la dent des promoteurs a motivé ces militants à conserver çà et là, en marge de l’exploitation galopante, des « ruines » de ce temps révolu de l’Amérique sauvage, vestiges d’une période mythique bientôt glorifiée dans la littérature – par James Fenimore Cooper notamment – puis plus tard le cinéma. La logique est ouvertement la même qu’avec les vestiges antiques de la vieille Europe.

Mais c’est aussi une vision qui n’a pratiquement de sens qu’en Amérique, où la colonisation a entraîné une conquête brutale, accompagnée par une idéologie créationniste qui suggère que les paysages sauvages ainsi consommés étaient demeurés intacts depuis l’origine du monde.

Préservationnisme vs conservationnisme

Cette conception d’une nature « mise sous cloche » a largement triomphé pendant une large partie du XXe siècle : on appelle ce courant le « préservationnisme », qui cherche à maintenir des zones préservées de toute activité humaine, dans un état qu’on voudrait croire « vierge ».

Il s’est opposé au « conservationnisme », compris comme usage rationnel et durable des ressources biologiques, en particulier le bois qui demeure jusqu’à la Seconde Guerre mondiale une ressource stratégique. Gifford Pinchot, créateur du US Forestry Service, en fut aux États-Unis le symbole.

Ce sont donc déjà deux conceptions de la nature, et de sa protection, qui s’affrontent : l’une qui pense la nature pour l’être humain, et une autre qui pense humanité et nature comme deux mondes séparés.

En Europe, l’analyse que Martin Heidegger propose d’un barrage sur le Rhin, dans la Question de la technique (1954), confronte également deux conceptions de la nature qui épousent en partie cette dichotomie.

La nature – ici, le fleuve – est conçue d’une part comme un processus sauvage doté d’une agence propre, et d’autre part, sous l’angle du barrage, comme un « stock » permettant d’extraire de l’énergie.

Des labos à l’agriculture industrielle

La « nature » comme stock de ressources susceptible d’être réarrangé et réorganisé pour son exploitation se trouve justifiée sur le plan philosophique par Descartes, pour qui la nature existait partes extra partes : en parties étrangères les unes aux autres, et inanimées. Descartes défendait d’ailleurs l’idée que les animaux sont analogues à des machines : la nature est pour les cartésiens un grand mécanisme.

C’est encore de cette manière que les sciences de l’ingénieur – et partant de là, l’industrie – envisagent le monde. De fait, c’est sur la base de ce paradigme qu’elles ont transformé notre milieu de vie.

Cette conception « extractiviste » ou « productiviste » de la nature, vue comme ensemble de ressources inertes à « valoriser », est régulièrement prise à partie par l’écologisme, qui pour sa part cherche à replacer l’humain dans une nature envisagée comme un système complexe et dynamique, dont l’équilibre se trouve menacé par une exploitation aveugle à son fonctionnement subtil.

Si le socialisme s’est fixé pour but de combattre les ravages du paradigme industriel qui traite les humains comme des machines, l’écologisme fait de même avec la nature.

Car si la vision productiviste de la nature s’applique superficiellement bien aux ressources inanimées, qui forment l’essentiel de notre contact quotidien avec la nature, sous une forme transformée – plastiques (pétrole), béton (sable, calcaire), métaux (minerais), etc. – elle s’applique moins bien au vivant, dans la mesure où celui-ci est animé et inclus dans un réseau d’interactions, et ne peut être aisément manipulé sans entraîner des conséquences en chaîne qui dépassent souvent leur instigateur.

Pourtant, l’approche réductionniste (où la vie n’est envisagée que comme un phénomène physico-chimique), qui est souvent celle des sciences de laboratoire, demeure aussi celle de l’agriculture industrielle, qui peine à penser les conséquences indirectes de ses pratiques dans le temps et l’espace.

Cette approche est aussi à l’origine des limites de ce modèle : une agriculture qui extermine la biodiversité et détruit les sols ; sols qui, en dépit d’apports d’intrants toujours plus nombreux, finissent par se minéraliser et perdre leur fertilité…

Une nouvelle synthèse

Certains acteurs sociaux, à l’image de la Confédération paysanne, sont porteurs d’une autre vision, dans laquelle les vivants (humains ou non) coexistent, coévoluent.

Sur le plan des idées, il s’agit de développer une écologie de la réconciliation, qui à l’instar des cultures non européennes replace l’humanité au cœur d’une nature parcourue de dynamiques, plutôt que face à un stock inerte comme l’Occident se l’est trop longtemps représentée.

Loin d’un retour en arrière, l’écologie propose plutôt une nouvelle synthèse.

Serge Moscovici, l’un des fondateurs de l’écologisme français, affirmait déjà dans les années 1960 que c’est la vision productiviste de la nature qui a donné naissance à l’écologie scientifique, et non l’inverse.

L’écologie scientifique procède en effet en cherchant à mettre la nature en équations, pour la penser non plus comme un ensemble de stocks, mais comme un système de flux dynamiques en interconnexion permanente.

Il estime que toutes les civilisations déterminent des « états de nature » différenciés, ce qui explique que ce qu’elles nomment « nature » ne soit jamais identique ; dans la société industrielle, le poulet devient l’oiseau le plus répandu sur Terre…

A quand la fin de la vision mécaniste ?

Ces diverses conceptions de la nature cohabitent ou s’excluent selon les cas, et sont inscrites dans une succession qui suit l’évolution de la société et des défis qui s’opposent à elle – du point de vue ontologique, le vivant est à la fois vie, chimie et mécanisme.

Les raisons de mettre l’un ou l’autre en avant sont épistémiques, mais aussi éthiques : à partir du moment où l’humanité en fait intimement partie, la nature doit-elle être traitée simplement comme un moyen, ou aussi comme une fin en soi, pour reprendre la célèbre formule de Kant ?

Il est toutefois facile de comprendre pourquoi la définition mécaniste domine : elle reflète la majeure partie de nos interactions quotidiennes avec la nature, et c’est celle qui profite à l’économie industrielle.

Mais, on le constate quotidiennement, limiter notre vision du monde à une rationalité économique à court terme ne profite à personne et, au final, pas même à l’économie…

nature
https://theconversation.com/la-nature-une-idee-qui-evolue-au-fil-des-civilisations-158045
Pourquoi faut-il arrêter de planter des platanes et des palmiers dans nos villes? - Var-Matin
Sat 8 May - 14:45

Publié le 07 mai 2021 à 18h00 Par Sophie Casals
Pour rendre les étés plus vivables en ville et lutter contre la pollution de l'air, la végétation est essentielle. Or c'est aujourd'hui qu'on plante les arbres qui rendront nos villes moins étouffantes en été dans 20 ans. Faut-il continuer à choisir des platanes, pins et palmiers ? Privilégier des essences plus adaptées aux besoins ? Lesquelles ?

Les arbres, par l'ombre qu'ils procurent, aident à lutter contre les îlots de chaleur urbains. Or, dans 20 ans, ce phénomène va s'accentuer. 
C'est aujourd'hui qu'on plante les essences qui rendront nos villes moins étouffantes en été. "Il faut veiller à planter les bonnes espèces et avoir une vision sur la forêt urbaine dans 20 ou 50 ans", invite Philippe Rossello, géographe et coordinateur du Groupe régional d’experts sur le climat en région Sud (GREC-SUD).

Les platanes ou marronniers, choisis il y a 50 ou 100 ans, ne correspondent plus aux besoins d'aujourd'hui. Le choix doit se porter sur d'autres essences. Voilà pourquoi.

Planter des arbres qui résistent à la sécheresse

Demain, avec des sécheresses plus longues et plus fréquentes dans la région, les ressources en eau vont diminuer. "On doit se poser ces questions : le type d'arbre que je plante résiste-t-il au stress hydrique et provoque-t-il de l'évapotranspiration." L'humidité que génèrent les plantes permet de rafraîchir l'air. L'effet peut aller de 0,5°C à 2°C. "Or, par exemple, le pin d'Alep qui colonise la forêt méditerranéenne, a une faible évapotranspiration."
Par ailleurs, les arbres qui procurent de l'ombre doivent être privilégiés.
"Le palmier est décoratif mais il n'est pas le plus efficace pour l'ombre, et comme le pied est très haut, on a moins cet effet de fraîcheur," note Antoine Nicault, coordinateur du GREC-SUD.

Des espèces capables de filtrer l'air

Autre critère de sélection : la capacité à filtrer l'air. L'arbre absorbe le CO2 de l'atmosphère et capte d'autres polluants.
"Il faut retenir des espèces qui ont la capacité d'éliminer ces particules en suspension", poursuit Philippe Rossello.
Or certains arbres émettent des composés chimiques volatils (COV) qui peuvent contribuer à dégrader la qualité de l’air. Ils jouent un rôle amplificateur dans la pollution urbaine à l’ozone pendant les périodes de fortes chaleurs, révèle une étude réalisée par l'Université de Berlin, qui cite parmi les arbres les plus émetteurs : le platane.

Les arbres de demain sont...

Les arbres à privilégier sont donc, des arbres à feuillage caduc, avec peu de branchages, qui n'apportent pas de nouveaux allergènes et répondent à ces deux enjeux majeurs de la pollution de l'air et du réchauffement climatique.

"L'érable, le cèdre de l'Atlas, l'aubépine et le charme commun", liste Philippe Rossello.

Mais il n'est pas question de faire table rase des platanes, marronniers et pins qui ombragent nos villes depuis des décennies.
"On va juste petit à petit intégrer ces nouvelles espèces", poursuit le géographe.
Planter plusieurs variétés permet au peuplement d'arbres de résister à la chaleur. Ces espèces mixtes vont ainsi se protéger entre elles.
Il conseille d'éviter le cyprès, particulièrement allergène.

Où planter ?

"Le long des grands axes de circulation pour protéger les habitations mitoyennes des afflux de polluants, mais aussi dans les zones piétonnes, à proximité des écoles, des maisons de retraite, des hôpitaux", expliquait Pascal Mittermaier en charge de la place de la nature au sein des villes pour Nature Conservancy, à nos confrères du Monde.
Et veiller à ne pas planter de manière trop dense pour que les polluants ne se concentrent pas sous les arbres, à hauteur des piétons.

arbre climat réchauffement-climatique ville
https://www.varmatin.com/faits-de-societe/pourquoi-faut-il-arreter-de-planter-des-platanes-et-des-palmiers-dans-nos-villes-681392
Fête de la Nature 2021 - Les Carnets du Revest
Fri 7 May - 10:52

Envoyez-nous une photo prise durant tout le mois de mai, de la faune, de la flore ou d'un paysage du Revest, accompagnée d'un court texte : légende, poème, texte indicatif.
Nous réaliserons un album singulier de ces visions plurielles.

Fête de la Nature 2021A travers mille et un regards © Cécile Di Costanzo pour les Amis du Vieux Revest

Adressez-nous votre photo (jpeg, png) et son texte (doc, docx, odt) séparément ou déjà associés : avr.loisiretculture@gmail.com
Renseignements complémentaires : Marie-Hélène au 06 20 95 21 88

Pour en savoir plus sur l'édition 2021 de la Fête de la Nature https://fetedelanature.com/edition-2021

Fête-de-la-Nature nature photos
https://revestou.fr/
Tom, 17 ans, est en attente d’un don de moelle osseuse - Var-Matin
Thu 6 May - 11:07

Au Revest, l’élue d’opposition Christiane Martel lance un appel au don pour sauver son petit-neveu bordelais, Tom.

Au Revest, l’élue d’opposition Christiane Martel lance un appel au don pour sauver son petit-neveu bordelais, Tom. "On a des liens très forts, il est comme mon petit-fils, dit-elle. Il souffre d’une aplasie médullaire idiopathique. Son système immunitaire détruit sa moelle osseuse, qui ne produit plus suffisamment de globules et de plaquettes pour lui permettre de vivre sans transfusion. Sa sœur et son frère ne sont pas compatibles. Le seul traitement qui pourrait le guérir est une greffe de moelle osseuse mais il faut trouver une personne compatible", espère Christiane Martel.

L’appel sur les réseaux sociaux est relayé par de nombreux "partages" comme par exemple sur celui de la mairie du Revest. Mais les nombreuses personnes qui commentent, regrettent de ne pas avoir moins de trente-cinq. L’appel aux jeunes est donc lancé.

Le don de moelle, rien de plus simple

"Cela n’a rien à voir avec une ponction lombaire pour un prélèvement dans la moelle épinière. Cela s’apparente à un don de plaquette que l’Etablissement français du sang effectue. Il suffit d’un clic et de donner quelques renseignements", encourage une des responsables de l’Agence de biomédecine.

Le don de moelle, mode d’emploi

Quésaco ? La moelle osseuse est située dans les os longs et les os plats (ne pas confondre avec la moelle épinière située dans la colonne vertébrale). Elle renferme des cellules qui donnent naissance aux cellules du sang: les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.

Pour donner, il faut être âgé entre 18 et 35 ans et s’inscrire sur le site Dondemoelleosseuse.fr ou sur Agence-biomedecine.fr pour répondre à un petit questionnaire.

Le donneur reçoit un kit salivaire à réaliser soi-même et à renvoyer. Vous voilà enregistrés dans le registre français, interconnecté dans le monde.

Si le donneur anonyme est compatible, il est alors contacté pour réaliser un prélèvement sanguin dans un centre médical proche référencé (dans 80% des cas) ou une petite intervention chirurgicale indolore dans les os postérieurs du bassin (dans 20% des cas).

Où sont les jeunes? 300.000 donneurs seulement en France.

https://www.varmatin.com/vie-locale/tom-17-ans-est-en-attente-d-un-don-de-moelle-osseuse-680753
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