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Quand les cloches sonnent
Tue 1 Jun - 15:32

Au fil du temps

On commence à parler des cloches au IIème ou IIIème millénaire av. Jésus-Christ avec les petites cloches chinoises. Au 1er millénaire av. Jésus-Christ, en Egypte, les chiens portent des clochettes d'airain. Au Vème siècle de notre ère : Saint-Patrick attire les fidèles avec des cloches à main. C'est au VIème siècle que l’emploi des cloches se généralise dans les monastères et les églises. Au VIIIème siècle : les moines irlandais et bretons se déplaçaient en tenant une clochette pour faire fuir les démons. Au IXème siècle, seuls les prêtres avaient le droit de sonner les cloches. Chaque église devait avoir deux cloches (six pour les cathédrales). Au XIème siècle, le roi de France Robert II le Pieux fit baptiser cinq cloches à Orléans et le pape Urbain II institua la sonnerie de l’angélus à la tombée de la nuit. Au XVème siècle : Louis XI ordonna de faire sonner les cloches trois fois par jour (angélus de 7h, 12h et 19h). En 1790, à la Révolution, une seule cloche était autorisée dans les clochers. Beaucoup de cloches furent fondues pour fabriquer des monnaies.

Sonneur de cloches

Les sonneurs de cloches ou "campaniers" jouaient un rôle important dans les paroisses. Ils se faisaient un honneur d’annoncer les moments importants qui rythmaient la journée tout au long de l’année : angélus quotidiens (prières que l'on récite au son des cloches), offices religieux, sonneries de fêtes, baptêmes, mariages, enterrements. Dans ce dernier cas, ils sonnaient le glas (son régulier au tempo très lent), ils sonnaient aussi pour dissiper l’orage, et parfois encore, mais de façon exceptionnelle, pour donner l’alarme, ils "toquaient le saint" d'où le mot "tocsin" pour prévenir d'un danger immédiat comme un incendie, une inondation ou encore d’évènements graves (déclarations de guerre, armistices). De nos jours, le tocsin est remplacé par une sirène.

Orage et cloches

Dans toutes les paroisses françaises, de temps immémorial, au moins une cloche était prévue pour éloigner l’orage. Le son des cloches avait la réputation de disperser les nuages. Mais on devait se contenter de faire tinter la cloche, c'est-à-dire de la faire sonner lentement, par coups espacés. "On ne doit jamais sonner les cloches en volée pendant les temps d’orage, sous quelque prétexte que ce soit. On devra se borner à tinter pour annoncer les services religieux" (1).

Les cloches avaient un rôle initiatique dans la société traditionnelle. Dans certaines paroisses, les jeunes garçons secondaient les campaniers" : ils se plaisaient à se suspendre à la corde actionnant la cloche et à se laisser soulever, parfois jusqu’à deux ou trois mètres de haut. Afin de se faire payer certaines sonneries comme l’angélus, les messes, "les campaniers" quêtaient à différents moments de l’année. Avant la Révolution, ils pouvaient aussi être rétribués par la Fabrique, groupe de clercs ou de laïcs administrant les biens paroissiaux.

Actuellement en France, les maires règlent l'usage des cloches par arrêté. Ils ne peuvent en interdire l'emploi pour l'annonce des offices cultuels et se contentent de le limiter en accord avec le desservant afin d'assurer la tranquillité des habitants. Par conte, les ministres des cultes ne peuvent s'opposer à l'usage civil des cloches. Les cloches ont aussi pour fonction de signaler le passage du temps. Le plus souvent, les heures pleines, mais aussi leurs subdivisions sont sonnées parfois en deux séries de coups : le pic et le repic (ou rappel).

La fabrication

Les cloches sont fabriquées par des fondeurs. Au Moyen-Age, c'est presque toujours dans les monastères ou auprès des églises, que l'on fond les cloches. La fabrication d’une cloche nécessite un grand savoir-faire. A chaque cloche correspond une note précise. Cette note dépend du diamètre de la cloche et du rapport entre son diamètre et son épaisseur. Pour faire une cloche il faut construire un moule qui correspond à l’empreinte en creux de la future cloche et que l’on va remplir avec du métal en fusion. Pour résister à cette température, un matériau de moulage composé d’argile, de crottin de cheval et de poils de chèvre est utilisé.

La fabrication du moule est fait en quatre étapes :

Le noyau

A l’aide du gabarit intérieur il faut commencer par construire une maçonnerie de briques réfractaires qui va servir d’armature pour soutenir le reste du moule. Cette maçonnerie est recouverte de ce mélange d’argile, de crottin de cheval et de poils de chèvre et va donner la forme intérieure de la cloche. Cette première partie du moule – appelée le noyau – sera recouverte d’une couche isolante pour la séparer de la partie suivante, la fausse cloche.

La fausse cloche

On change alors de gabarit pour construire la seconde partie du moule, que l’on appelle la fausse cloche parce qu’elle a la même forme que la future cloche en bronze. Elle est faite en argile et est recouverte de cire pour la lisser parfaitement et former les filets. Puis on vient y poser les décors qui ont été préparés en cire.

La chape

A l’aide de pinceaux très fins, la fausse cloche est enduite de plusieurs couches du mélange argile, crottin de cheval et poils de chèvre, ces couches de plus en plus épaisses vont venir former une carapace autour de la fausse cloche, appelée la chape. Pendant toute la fabrication du moule, on entretient un feu de charbon de bois à l’intérieur du moule qui va faire sécher les différentes couches d’argile. Quand la chape est suffisamment épaisse on force le feu de charbon de bois. Les lettres et les décors en cire vont fondre et laisser alors leur empreinte en creux et à l’envers dans la partie extérieure du moule, la chape. La couche de cire entre la fausse cloche et la chape a également fondu. On peut donc soulever la chape, casser la fausse cloche et reposer la chape sur le noyau. On obtient alors un vide entre les deux où l’on viendra verser le métal. Les décors qui se trouvaient en creux et à l’envers dans la chape vont se retrouver à l’endroit et en relief sur la cloche en bronze.

La couronne

On part d’un modèle en cire qu’on enduit d’argile. Cet élément est ensuite chauffé dans une étuve à 200°C, afin que la cire fonde et laisse son empreinte en creux. C’est la technique dite de "la cire perdue" qui est utilisée aussi pour les décors. Le moule de la couronne est ensuite ajusté sur le moule de la cloche et tout sera coulé en une seule fois.

La coulée de la cloche

Le bronze utilisé est un alliage de 78 % de cuivre et 22 % d’étain : l'airain. Il est fondu à 1 200°C dans le four réverbère à double voûte, d’une contenance de 13 tonnes. Ce four est utilisé pour couler les cloches de plus de 500 kg que l’on va enterrer dans une fosse. Un canal en briques construit sur le dessus de la fosse permet au métal de se déverser par gravité du four dans les moules.
Pour les plus petites cloches (moins de 500 kg), le métal est fondu dans un four à creuset. Une poche de coulée est maniée à la main ou à l’aide d’un palan pour récupérer le bronze du four et le déverser dans le moule.

Le décochage

Après la coulée, le moule va refroidir environ une semaine voire plus selon la taille, puis il sera cassé pour obtenir la cloche brute de fonderie. Ensuite l’équipe de fondeurs sable la cloche, la polit, la cisèle et enfin l’accorde. Dans la tradition chrétienne, on accorde les cloches sur les cinq premières harmoniques : 1. Le bourdon qui est l’octave basse 2. Le fondamental à l’octave au-dessus 3. La tierce mineure du fondamental 4. La quinte 5. La nominale qui caractérise la cloche. Pour mesurer la note et les notes partielles, on utilise un analyseur de spectre électronique et c’est l’accordeur par son savoir-faire qui va choisir à quel endroit et sur quelle profondeur il faudra enlever du métal par meulage intérieur.

C'est à la suite de la restauration religieuse qui a suivi la signature du Concordat en 1801 que l'art campanaire connaît une renaissance. Les églises sont reconstruites, restaurées, ce qui entraîne un besoin de cloches. Avec le début de l'industrialisation en France, d'artisanale, la fabrication des cloches devient alors industrielle, puis ensuite viendra leur électrification.

Le baptême

Tout de suite après l’installation de la cloche ou même souvent avant de la mettre en place, il revenait à l’évêque diocésain le droit de la bénir.

Cette bénédiction, appelée baptême de la cloche est instauré au VIIIème siècle par l'Eglise. La cloche est vêtue d'un habit de baptême, une robe blanche en dentelle avec des rubans. La cérémonie suit un rituel bien précis : elle commence par des chants ou des psaumes, puis le lavage de la cloche avec de l'eau bénite pour la purifier, l'onction avec de l'huile sainte, tandis que des parfums sont brûlés sous la cloche, puis la bénédiction proprement dite de la cloche, et pour finir le chant de l'Evangile de Marthe et de Marie. L'évêque actionne le battant de la cloche qui sonne alors. Viennent ensuite les tours du parrain et de la marraine et du maire du lieu. Les parrains et marraines sont choisis par les conseils municipaux et paroissiaux parmi les notables et pieuses personnes.

Protection du patrimoine campanaire

En 1988, le Ministère de la Culture a décidé d’intensifier sa politique d’inventaire et de protection des cloches et carillons, au titre des Monuments Historiques. Par mesure de protection des cloches anciennes, des aides ont été apportées pour effectuer des modifications, telles que des travaux d’électrification.

Les cloches peuvent comporter des images, des décors floraux, des inscriptions. Ces inscriptions peuvent comporter une prière, la date de fabrication de la cloche, son nom, ceux des parrain et marraine ceux des curés et ainsi que du fondeur.

(1) - J.B. DENEUVILLE - Le nouveau trésor des familles, p 136 (1868)

Sources : Petite histoire de nos cloches - Numéro 9 d'Archi'clas -Mars 2008 - Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence et le site sur l'histoire de Cunac - Art campanaire, les cloches de Cunac

clocher cloches
http://www.passionprovence.org/archives/2021/05/18/38973426.html
Comment les incendies dans l'Ouest-Var pourront être évités grâce au "Pidaf" - Var-Matin
Thu 20 May - 21:22

Le "Pidaf", Plan intercommunal de débroussaillement et d’aménagement forestier du secteur ouest de la Provence verte, vient d’être présenté dans sa version finale. Avant sa validation totale, qui surviendra en fin d’année, on fait le point ce qu’il propose jusqu’en 2031.

En matière de risque incendie, ce n’est un secret pour personne, le Var n’est pas épargné. Et la Provence verte encore moins. Le territoire est largement boisé, ce qui nécessite, pour l’agglomération, la mise en place d’un Plan intercommunal de débroussaillement et d’aménagement forestier (Pidaf). Un document de planification pour la mise en place, dans les massifs, d’actions visant à la prévention des feux de forêt. Voire au ralentissement de leur progression.

Plus de 30.000 hectares de forêt à protéger

Particulièrement verte, l’intercommunalité a séparé son Pidaf en deux secteurs. L’est et l’ouest. C’est de ce dernier, qui concerne dix communes (1) et 31.096 hectares de végétation, dont il était question la semaine dernière, à l’occasion de la présentation du document dans sa version finale. Et si sa validation, par arrêté préfectoral, ne doit intervenir qu’en fin d’année, au terme d’une procédure bien établie, on peut déjà observer ce que proposera le Pidaf de la Provence verte - secteur ouest pour les dix prochaines années.

"Sans stratégie, on ne gagne pas la guerre", assure Claude Gioanni, l’un des rapporteurs du Pidaf, membre du bureau d’études désigné pour le rédiger. La stratégie du Pidaf se développe sur 650 hectares de végétation, sur lesquels interviendront les aménagements et débroussaillement, afin de protéger le reste de la forêt.

La stratégie, justement, quelle est-elle? Essentiellement, elle se traduit par un maillage amélioré du territoire afin de garantir une protection optimale des massifs concernés.
Comment? Pour quel coût? Avec quelles problématiques? Voyons voir…

1.ON FAIT LE BILAN CALMEMENT

Une stratégie sans prise en compte du contexte ou de l’historique est vouée à l’échec. C’est partant de ce principe que les décideurs et partenaires (pêle-mêle: collectivités diverses, services gouvernementaux, pompiers, gestionnaires des forêts…) ont réalisé une étude complète du territoire concerné par ce Pidaf.
Un bilan riche en informations, notamment pour se rendre compte de la prégnance du risque incendie dans ce coin du département. Depuis 1978, en effet, 5.227 hectares de surface incendiés ont été recensés pour ce qui concerne les feux de forêts démarrés dans la zone d’étude.
Ce qui ne prend donc pas en compte les incendies venus de l’extérieur: "On est toujours tributaire de son voisin, note Claude Gioanni, spécialiste de la question, membre du bureau d’études ayant réalisé le Pidaf. Un coup de mistral suffit pour pousser un incendie des Bouches-du-Rhône vers notre territoire."
En tout, 707 feux ont été comptabilisés depuis quarante ans, avec des conséquences variées et parfois surprenantes, notamment en raison de ce "risque subit" par nos voisins. Nans-les-Pins est, par exemple, la commune ayant le total de surface brûlée le plus important (2.278 hectares), mais présente un nombre de feux bien inférieur à Saint-Maximin (95 contre 144), commune avec "seulement" 39 hectares partis en fumée depuis 1978.
"Le risque est omniprésent sur tout le territoire", résume Claude Gioanni. Comme ça, au moins, c’est clair.

2. On s’occupe des pistes DFCI

C’est véritablement autour de cela que s’articule le Pidaf: la gestion des voies de Défense des forêts contre l’incendie (DFCI). Pour rappel, il s’agit de ces routes forestières qui quadrillent les massifs et que, en période de crise, seuls les véhicules de secours (pompiers ou CCFF) peuvent utiliser. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à l’ouest de la Provence verte, le chantier d’entretien est du genre immense.
L’objectif, selon le Pidaf, c’est d’atteindre 258 kilomètres de pistes DFCI. Au regard du lignage de chemins ayant déjà connu une classification DFCI (471 km), on pourrait imaginer une tâche pas si compliquée. Mais ce serait compter sans le manque d’entretien généralisé qui a gangrené ces voies d’accès. Aujourd’hui, les pistes utilisables ne s’étendent plus que sur 77 kilomètres. Bref, il y a du boulot.
"On part de loin, estime Claude Gioanni. Certains chemins n’ont reçu aucun entretien depuis leur création, il y a quarante ans parfois."
C’est la raison pour laquelle le chantier de mise aux normes représente le plus gros du travail envisagé: 166 km de pistes doivent être réaménagées. "On a certains chemins qui ne font pas plus de 2 mètres de large", soupire Claude Gioanni.
Outre ces mises aux normes, l’autre gros poste est le maintien en conditions opérationnelles des pistes. Soit 64 km de voies utilisables aujourd’hui et qui ne nécessitent que peu de travaux. Enfin, si l’on excepte les rares voies bitumées (14 km), le dernier module de la fusée DFCI, c’est la création de pistes. D’ici dix ans, le Pidaf envisage en effet plus de 12 km de nouvelles pistes.
"L’idée, c’est de créer des liaisons entre les routes départementales par les pistes afin de cloisonner les massifs forestiers et les protéger du risque incendie", conclut Claude Gioanni.

3. On rénove les citernes

Dans l’ouest de la Provence verte, si vous tombez en forêt sur une citerne, il y a une chance sur deux pour qu’elle ne soit pas en état de fonctionnement. Sur les 98 citernes installées, seules 47 peuvent être utilisées en cas d’incendie.
Pourtant, le guide départemental des équipements DFCI préconise la mise en place d’un point d’eau tous les 2 kilomètres. Alors il va falloir se résoudre à réparer les outils défectueux… Ainsi qu’à commander de nouvelles citernes. En tout, 12 nouveaux équipements doivent être mis en place.
Mais ce n’est pas le seul aménagement à prévoir. En effet, au regard de la reprise du maillage des pistes, il s’agira de faire coller la carte des citernes à celle des pistes DFCI. C’est la raison pour laquelle 24 déplacements sont d’ores et déjà programmés.

4.On règle les factures

Claude Gioanni, l’un des rapporteurs du Pidaf, estime le coût du Pidaf "raisonnable". Photo R. A..
"On a vu large", prévient d’emblée Claude Gioanni. Et pourtant, à ses yeux, le coût du Pidaf pour les dix prochaines années n’est pas exorbitant. "On est dans les normes pour un Pidaf de qualité, estime le spécialiste. Ce sont des chiffres acceptables et réalisables, pour un plan tenable."
Le sens de la formule, mais parlons chiffres: le montant total estimé de ce Pidaf secteur ouest s’élève à 9.337.785 euros. Soit moins d’un million d’euros par an. "Cela inclut les interventions sur la végétation, les pistes, les citernes, la signalétique, les servitudes et les études", poursuit le technicien.
Mais qui va régler la facture? Selon les prévisions, avec les aides financières des partenaires (Europe, Région, Département notamment), le reste à charge pour l’agglomération tombe à 1.654.137 euros sur 10 ans.
Ce Pidaf se dessine sur un territoire majoritairement composé de foncier privé. Et c’est là que se trouve l’essentiel des difficultés des techniciens. "Parfois, les gens ne sont pas au courant qu’ils sont propriétaires", sourit un membre du Centre régional de la propriété forestière.
Autre difficulté : les réticences qu’opposent certains propriétaires à accorder une servitude DFCI. Pour aménager un terrain privé, il faut en avoir le droit.

Et certains se méfient des chemins forestiers que peuvent apprécier les conducteurs de quad ou de moto le week-end. "On peut imaginer des solutions pour ces propriétaires, comme l’installation de portails", glisse Delphine Cappella, responsable "forêt" à l’agglomération.

incendies
https://www.varmatin.com/environnement/comment-les-incendies-dans-louest-var-pourront-etre-evites-grace-au-pidaf-687549
Rando-Var : à travers les garrigues
Tue 18 May - 19:34

La roche calcaire est la reine des garrigues méridionales.

Les défrichements séculaires, le mouton et l'agressivité du climat l'ont mise partout en évidence. Elle est dure, saillante, souvent acérée. La pierre, omniprésente sur les sentiers, sonne sous le pied. Elle dessine les barres rocheuses, les baous chers à Pagnol, comme les combes qui rythment les paysages de Cuers à la Sainte Baume.

Durant plus de 100 millions d'années, pendant l'ère secondaire, la mer a occupé une grande partie de la Provence. Elle y a déposé d'épaisses couches de calcaire provenant des coquilles d'invertébrés marins, superposées en strates de différentes hauteurs. Un mètre d'épaisseur représente, selon la profondeur de la mer, entre 2000 à 100 000 ans de dépôts.

Chaque strate épaisse ou fine, dure ou friable, claire ou rougeâtre, à grains fins ou grossiers, chaque strate est un enregistrement des conditions environnementales d'une époque : climat, profondeur de la mer, relief du continent voisin... Une faible profondeur, une mer chaude, une longue période de même niveau marin sont en général les conditions les plus propices à la constitution d'une sédimentation calcaire épaisse.

Une caractéristique majeure des massifs calcaires est leur grande, leur intense fracturation. Elle va de la minuscule fissure au gouffre le plus large, en passant par l'aven caché sous les herbes et les ronces. En surface le carbonate de calcium dissous par les pluies, acidifiées par l'humus des sols, est vite entrainé par l'excellent drainage des calcaires crevassés.
Ne restent sur place, piégées dans les creux et les poches, que des argiles, non solubles, qui sont une impureté du calcaire originel.

Le climat méditerranéen, fait de précipitations brutales et brèves, suivies de longues périodes de sécheresse, favorise l'oxydation du fer que contiennent les argiles. Plus le climat est chaud, plus l'oxydation est forte et le sol rougeâtre. Quand ces sols sont épais et ne contiennent pas de calcaire, ces sols sont très fertiles. D'où parfois ces labours au fond de petites combes.

Le mot garrigue, à l'origine ancienne, désignait des territoires fortement anthropisés, des territoires fortement marqués par l'activité humaine. Aujourd'hui, les jeunes forêts de chênes et de pins s'installent sur les garrigues, mais l'homme qui a délaissé ces territoires, conserve cette appellation. Une nostalgie, une habitude ? Peut être... La plupart de ces espaces évolue rapidement mais, pour l'homme, ils demeurent la garrigue.

Ces territoires anthropisés étaient jadis le domaine des chaufourniers (chaux, poix, cade, les enguentiés), des charbonniers, des chasseurs à la glu, au filet, au fusil, des cueilleurs d'asperges, salades, petit bois, des fabricants de balais, des gemmeurs, et cela principalement autour des villes et tout au long de la côte.

Il faut cependant, tout en respectant l'attachement au mot, discerner les plantes qui aujourd'hui colonisent les terrains calcaires de ces garrigues millénaires : pelouses, forêts, et entre eux deux, ces espaces ouverts où dominent les plantes ligneuses et qui ne sont plus des pelouses et pas encore des forêts, et que la communauté scientifique qualifie sous le mot d'origine espagnole, matorral. Le matorral c'est cet espace sans arbre que colonisent cyste, genet, calycotome, coronille, bruyère, chêne kermès..

En Provence le matorral présente une grande diversité : le Chêne kermès, la Coronille à tige de jonc, le Genêt scorpion s'associent aux arbustes tel le Filaire à feuilles étroites, le Pistachier térébinthe, le Cade... tandis que la pelouse où jadis courrait le mouton, se couvre de Brachypode rameux, de Thym, de Lavande...

Les garrigues s'étagent de la mer à la limite de l'Olivier, zone où les plantes des terrains arides ont disparu. Au delà, sur les plateaux calcaires d'altitude moyenne, comme les coteaux du Ventoux, les formations végétales proches en apparence ne peuvent plus s'appeler garrigues, terme réservé à la zone méditerranéenne telle que définie par la limite de croissance de l'Olivier, selon la définition reconnue du botaniste Charles Flahault (1852 - 1935).

Le Chêne vert ou la Cigale plébéienne, illustres représentant du monde méditerranéen, auraient pu être choisis pour définir cette zone, mais... ils se retrouvent dans d'autres régions. La Camphorée de Montpellier, par contre, couvre le même périmètre que l'Olivier mais... mais la Camphorée ne porte pas sur sa corolle autant de symboles que l'Olivier.
En cela nous devons remercier Homère !

garrigue Provence rando Rando-Var
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Rando-Var : GR 99
Tue 18 May - 16:37

Mardi 9 octobre, de gros orages traversent le Var...mais au matin, mercredi, le ciel est dégagé : départ Le Revest 8h20. Direction le Verdon en suivant le GR 99.

Au dessus du Revest, la rade de Toulon au loinAu dessus du Revest, la rade de Toulon au loin

Sur la droite tu laisses, au milieu de grands arbres, une grande demeure qui domine le Revest. Une plaque indique que de Lattre de Tassigny, à la tête de son régiment de tirailleurs algériens, fit la jonction avec les troupes de la résistance du Var dans cette maison. Et décida la libération de Toulon.

La carrière est au dessus de toi. Le crissement des chenilles sur la roche te ramène à la libération : tu imagines un tank là, à la manœuvre...

Le sentier suit un ancien chemin muletier, la roche porte en quelques rares endroits la trace du roulage des chariots. Ses empreintes sont visibles sur les seules parties amont du chemin; les parties aval ont été détruites par l'érosion : plus de 40 cm emportés! La pente a favorisé ravinement et excavation.

Tu es sur la crête, le Mont Caume à gauche, Roca Troca à ta droite, blanc de cailloux, quasi pelé. La rade de Toulon est visible entre Faron et Baou des Quatre Aures. Au col débute le plateau de Siou Blanc. La chênaie est basse. Un chasseur te dépasse dans un Lada, des cages à appelants sont empilées à l'arrière. Un camion forestier, sans train arrière, rouille, abandonné au croisement de pistes. Tu traverses plusieurs coupes. Les rochers de Siou Blanc se dressent comme des moines figés...De minuscules dépressions tapissées d'herbes vertes et tendres bordent le chemin. Elles constitueraient des lieux rêvés pour bivouacs .

Siou Blanc, les roches comme des moines blancs figés...Siou Blanc, les roches comme des moines blancs figés...
Tu coupes la route forestière, traverses les plantations de l'ONF, direction l'abri de Siou Blanc.
Siou Blanc, les plantations de l'ONF : la végétation change..Siou Blanc, les plantations de l'ONF : la végétation change..

11 heures : fromage et figatelli...

Siou Blanc, l'abri...la pause repasSiou Blanc, l'abri...la pause repas

Puis direction Nord et Ouest : le GR suit la ligne des crêtes, contourne la ferme de la Limate et plonge vers Signe. Raide, non entretenu, le sentier est barré en de multiples endroits par des arbres ou branches tombés.

Les crêtes...Mazaugues quelque part en bas, la montagne de la Loube au fondLes crêtes...Mazaugues quelque part en bas, la montagne de la Loube au fond

Là tu perds le tracé du GR et prends une piste nord parallèle à une ligne à haute tension et te retrouves sur la crête...au lieu dit le Mourié d'Agnis, au dessus de la bastide de Taillane et des ruines de la Taoule posées au milieu de prés...vue magnifique de la Sainte Baume, la Loube...

Du Mourié d'Agnis, vue sur la TaouleDu Mourié d'Agnis, vue sur la Taoule

Tu suis le tracé jaune, contournes le champ de La Croix et te diriges vers La Venelle, le long de la piste forestière. Tu es à 6 kms de Mazaugues. Dans la boue du chemin, les marques de sabots de sangliers pullulent...Dans la courbe de Bagatelle, une source, un réservoir bâti... une restanque, un espace dégagé au milieu d'un cercle de chanterelles... il est 19h30 fourbu tu t'arrêtes, montes la tente, te douches, et prépares le repas...

Jusqu'à 10h du soir ce ne sera que pépiements, hululements, chuintements, caquètements et autres cris d'oiseaux ! quelle idée de poser le sac à coté d'une source ! Où les sangliers viendront boire à 4 h du matin !!

Bagatelle : le bivouac près de la source aux oiseaux et sangliers...Bagatelle : le bivouac près de la source aux oiseaux et sangliers...

De Mazaugues au Caramy, le chemin traverse les terres de bauxite...De Mazaugues au Caramy, le chemin traverse les terres de bauxite...

5h30 : bruit de moteur : arrivée des premiers chasseurs ...
7h20 - 9h00 : coups de fusil.
10 h : bar de Mazaugues, lecture de la presse, café.

Entre les affleurements calcaires la bauxite demeure dans des poches. Avec la pluie, l'oxyde de fer apporte les couleurs de Lubéron, et ses rouges plus ou moins sombres. La verdure et le calcaire ont un nouveau partenaire.

Au dessus de St Maximin et du Caramy et du pont romain de Cassède, la chapelle de St ProbaceAu dessus de St Maximin et du Caramy et du pont romain de Cassède, la chapelle de St Probace.

Le GR serpente et suit la courbe vers l'Est du Caramy. Une longue descente vers la plaine de St Maximin et Brignoles, vers la vigne. La chapelle de St Probace domine la vallée. Chênes et érables commencent à perdre leur premier feuillage

13h : pause devant le Mas de Loube13h : pause devant le Mas de Loube.
9h de marche hier, 3h ce matin...
Sur le GR 100 m plus loin, un lapin surgit à tes pieds : plus rapide, il s'esquive dans le talus avant que tu ne puisses le photographier.

Le chemin traverse les vignes. Le raisin chauffé en plein soleil ne désaltère pas.

Le Caramy ou l'heure du bain...  Le Caramy ou l'heure du bain...

Enfin, le Caramy ! tu le passes à gué. L'eau murmure sur le radier et miroite sous le feuillage. La fraicheur invite à la baignade. Un champ de vignes suit le torrent, tu le longes, sous le soleil, et, au premier passage, tu sautes sous les arbres rejoindre eau et fraicheur. Ce sera un bain !
Mais à Bras, tu arrêtes : 70 kms cela suffit !
GR 99 : Fin de la 1ère partie

rando Rando-Var
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Pêche de sauvegarde, mai 2021 - Images & Documents du Revest
Mon 17 May - 18:04

13 mai 2021

C'est une équipe spécialisée de VEOLIA, gestionnaire du barrage de la retenue de Dardennes, qui effectue ce type de pêche. À ce jour, une quinzaine ont déjà été réalisées, au rythme de deux le matin et deux le soir.
La pêche à la senne est une technique de pêche très ancienne qui consiste à capturer les poissons à la surface en pleine eau en les encerclant à l'aide d'un filet appelé senne.

Pêche de sauvegarde, mai 2021Mise en place de la senne

Les poissons sont ensuite transportés dans des viviers jusqu'au lac de Carcès. Ce sont essentiellement des brochets, perches et gardons ; les carpes présentes dans le lac seront les dernières à être sorties, réfugiées pour l'instant dans la vase.
Les perches arc-en-ciel, considérées comme nuisibles, ne sont pas conservées, pas plus que les écrevisses américaines, espèce envahissante, qui finiront peut-être en cassolette ou à la nage en fin de journée...

Depuis le début de la campagne, 350kg de poissons ont été tirés du lac et 200kg sont également prisonniers de la grande nasse qui se trouve au pied du barrage.

Les brochets sont bien représentés dans les eaux fraîches du lac et atteignent courament 1m, voire 1,20m pour certains. Découverte étonnante, deux anguilles ont été repêchées : il n'y a pas de passage à poissons sur ce barrage, seraient-elles arrivées à remonter sous les turbines ?

Ces pêches de sauvegarde doivent se poursuivre jusquau 21 mai ; le lac sera ensuite mis à sec.

Merci à la disponibilité des membres de cette équipe qui tout en travaillant, m'ont permis de recueillir les éléments de ce petit reportage.

MHT

Voir notre reportage complet là : Reportage photo de Marie-Hélène Taillard sur la pêche de sauvegarde du barrage de Dardennes le 13 mai 2021

barrage pêche
https://photos.revestou.fr/index?/category/267-peche_de_sauvegarde_mai_2021
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