Sisteron était une ville importante de la Narbonnaise. La Via Sinistra reliait entre elles la voie Domitienne et la voie Aurélienne. Nous parlerons de la deuxième mais aussi de la citadelle de la ville et de son rocher très particulier, bonne promenade citadine.
Sisteron, ou « Segustero » à l'époque romaine, est une ville située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence. Sa citadelle redessinée par Jean Érard, ingénieur d'Henri IV, et endommagée lors du débarquement de Provence en 1944, demeure toujours imposante. À ses pieds, s'étage la vieille ville aux hautes façades et rues étroites.
Face à l’expansion des Gafam, le logiciel libre est une approche essentielle pour repenser la technologie au bénéfice des citoyens. Logiciel libre : il faut mettre la technologie au service des villes et des citoyens.
Le 4, 5, 6 juin, la Ville de Paris, MossLabs et OW2 accueillent un forum pour discuter de l’avenir de la collaboration entre les villes en matière de logiciels libres. Pionnière en la matière depuis 2002, la Ville de Paris met en place une politique de logiciel libre, désormais regroupée sous l’égide de la plateforme Lutèce, développée spécifiquement pour les administrations municipales. Gratuite pour les villes, celles-ci ont accès à des centaines d’applications, qu’elles peuvent mettre à disposition de leurs agents et des citoyens.
Villes, Etats, entreprises, associations… Toutes ces entités sont aujourd’hui confrontées à l’importance de créer des services numériques de qualité, répondant à de nouveaux besoins, respectant les données personnelles des utilisateurs, et à un coût pouvant être supporté, notamment pour la puissance publique. Une équation souvent difficile à mettre en œuvre !
Pourtant les solutions existent et parmi elles : le logiciel libre ou l’open source qui prévoient la diffusion libre du code source du logiciel avec la possibilité de l’étudier, le modifier et d’en redistribuer les modifications. Cette conception du développement logiciel est aujourd’hui utilisée massivement par tous les grands acteurs du numérique qui peuvent réutiliser de très nombreuses briques proposées notamment par les grandes fondations telles qu’Apache, Linux Foundation, Eclipse ou OW2.
Ce qui existe depuis longtemps pour les logiciels système ou d’infrastructure commence à voir le jour pour les applications verticales et notamment pour les services publics.
Pour les villes, c’est tout d’abord un gain économique important. Plutôt que de redévelopper, à l’échelle de territoires parfois très petits, des nouvelles solutions technologiques à partir de zéro, le logiciel libre permet aux collectivités de réutiliser des logiciels créés par d’autres, afin d’acquérir des services numériques à moindre coût. Comme l’explique la campagne Public Money Public Code, en dehors de l’aspect financier, il est aussi logique, que les logiciels financés par l’impôt soient publiés sous licence libre. «S’il s’agit d’argent public, le code devrait être également public» et la plateforme le restera après sa création.
Le logiciel libre permet également l’amélioration des outils qui sont au service du bien commun. Grâce à des communautés de codeurs et aux partenariats entre acteurs publics, les logiciels sont améliorés, au fur et à mesure des innovations technologiques, et adaptés aux nouveaux besoins des citoyens. A Paris, sont développés plusieurs projets de ce type, comme le chabot PaLyNi mutualisé avec les villes de Lyon et Nice sur le traitement des déchets, la rédaction de marchés publics partagé aujourd’hui avec l’Etat ou encore les espaces numériques de travail pour les collèges et lycées utilisés par d’autres départements ou régions françaises.
Cambridge Analytica, mise à mal de la neutralité du net, utilisation des données personnelles par les entreprises… les dernières années ont été marquées par un climat de méfiance généralisé de la part des citoyens face à des monopoles dont l’extension exponentielle semble hors de contrôle. Grâce au logiciel libre, les villes ne sont plus otages : elles possèdent les moyens de reprendre la main sur leurs services numériques, sans être obligées de passer par des opérateurs privés, qui contrôlent les données et sont susceptibles d’augmenter leurs prix en fonction de l’évolution du marché. Elles peuvent aussi plus facilement confier ces missions à des entrepreneurs locaux.
Mais la question du logiciel libre, c’est aussi celle de la transparence. A Paris, le code des outils de participation citoyenne (budget participatif, plateforme de consultation publique, rendez-vous des élus avec les lobbyistes) est également public. Car ces plateformes et ces informations relèvent du bien commun. Utiliser l’open source, c’est donner le pouvoir aux citoyens de vérifier qu’elles sont bien neutres et transparentes. C’est aussi leur permettre de proposer des améliorations en fonction de leurs besoins et de leurs usages.
Est-ce que c’est bien sécurisé ? Il faut comprendre l’inquiétude des territoires face à cette approche technologique, qui existe depuis bien longtemps mais qui n’a pas toujours été assez utilisé. Si la communauté de développeurs est suffisamment importante, l’open source offre de meilleures garanties de sécurité qu’un code fermé mais beaucoup moins relu. Au niveau technique mais aussi à d’autres niveaux : pas de risque de faillite d’un prestataire, de fuite des données ou de surfacturation !
Face à l’expansion exponentielle des Gafam, à la faiblesse des entreprises européennes sur les grands services numériques et à des législations étatiques peu protectrices, le logiciel libre est une approche essentielle pour repenser la technologie au bénéfice des citoyens et au service du contrôle démocratique qu’ils doivent exercer.
C’est pourquoi, même si des initiatives passionnantes existent déjà à travers le monde, nous lançons aujourd’hui un appel aux villes du monde entier pour créer une communauté du logiciel libre au niveau international et relever ensemble les grands défis auxquels sont confrontées les villes du monde. Tandis que les enjeux liés au numérique se complexifient, les villes doivent s’engager ensemble dans la bonne direction : celle de la souveraineté et de l’indépendance numérique, celle de l’open data et du logiciel libre.
Emmanuel Grégoire Premier adjoint à la maire de Paris , Jean-Christophe Becquet président de l’association April , François Elie président de l’association Adullact , Jacob Green fondateur de MossLabs.io , Jean-Baptiste Kempf Président de VideoLAN , Cédric Thomas Directeur Général du consortium OW2.
Fatiguée de "se faire balader" par les autorités, qui ne réagissent pas face aux constructions illégales sur le mont classé, l’association Défense et protection du Faron veut faire réagir l'Etat.
"On ne peut plus se contenter d’écrire des lettres qui finissent au panier." "Ils nous roulent dans la farine." "On s’est fichu de nous." Très en colère, les membres de l’association Défense et protection du Faron (ADPF) ont atteint un niveau de saturation inédit mercredi soir lors de leur assemblée générale.
Militant depuis plus d’un quart de siècle pour que le mont classé qui domine Toulon soit protégé comme il se doit de l’appétit des bétonneurs, ils s’avouent "extrêmement amers" de constater que le site est "devenu une zone de non droit". Respectant une tradition de courtoisie dans le dialogue avec les autorités, ils haussent le ton et lancent un ultimatum.
Pour Michel Bonjardini, le président, il est temps en effet de dénoncer "la mauvaise foi des élus" et "le laxisme des administrations".
Pour expliquer sa fureur, il brandit l’historique nourri de ses échanges avec la municipalité, la préfecture ou la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal).
Il présente aussi les images vues du ciel de constructions qui rongent les pentes sauvages du Faron en toute illégalité. "Avec Internet, il suffit d’aller regarder deux fois par an pour voir comment évoluent les bâtiments."
Dans le viseur, à titre d’exemple le plus symbolique, une bâtisse du secteur de la Bosquette, sur les pentes de l’est. En toute discrétion, son propriétaire a transformé les lieux. Une vielle remise a laissé place à une villa de 85 m2 avec une grande terrasse et une piscine.
Une double infraction au code de l’urbanisme et au code de l’environnement que n’a de cesse de signaler l’ADPF... en vain.
Malgré les innombrables courriers, coups de fil et audience avec le préfet, la mairie du Toulon ou le parquet, Michel Bonjardini enrage de constater que rien ne se passe. Des dossiers de ce type, il annonce en avoir signalé une demi-douzaine du côté de la Bosquette ou du chemin de l’Uba.
Malgré les délais de prescriptions courts, il est pourtant encore temps d’agir selon lui... "s’il y avait la volonté".
Plusieurs pistes d’après son analyse. "Le maire peut s’emparer du code de l’urbanisme. Son article L480-14 lui donne la possibilité de poursuivre devant la justice civile jusqu’à 10 ans après l’achèvement des travaux. On a présenté cette possibilité récemment à l’adjoint à l’urbanisme, qui nous a soutenu que c’était impossible : c’est faux!", tonne, furieux, Michel Bonjardini.
Autre possibilité : obliger le propriétaire à solliciter un permis de construire. Il sera alors évidemment refusé et le préfet pourra demander la démolition. "Le préfet Videlaine pourrait ainsi respecter les engagements qu’il avait pris en 2017 lorsqu’il nous a reçus", appuie sévère Michel Bonjardini, persuadé qu’une "attaque double" peut laisser espérer une remise en état du terrain.
Problème: l’association avoue ne plus savoir quoi inventer pour se faire entendre des pouvoirs publics. Dans l’assemblée, on souffle d’alerter Julien Courbet, de lancer une pétition en ligne ou d’organiser une manif’.
Michel Bonjardini part sur une autre idée: l’ADPF va une nouvelle fois prendre sa plume... mais avec une encre moins sympathique. "Nous allons écrire à la Dreal mais cette fois pour les prévenir. Si d’ici à cet hiver, nous ne voyons rien bouger, nous attaquerons alors l’État devant le tribunal administratif pour ne pas avoir fait son travail. C’est très franc et très net."
Évidemment, après le feu qui a surpris le mont toulonnais début mai, le sujet du risque incendie a été largement évoqué par l’association de Défense et de protection du Faron. Et ici encore, Michel Bonjardini se retrouve à pester contre les autorités. "S’il n’y a pas de volonté politique forte, on va à la catastrophe", s’alarme le président de l’ADPF.
Selon lui, appliquer les obligations de débroussaillement 50 mètres autour des maisons serait déjà un progrès... mais resterait très insuffisant.
"Hormis deux oliveraies et la partie communale - parce qu’il y a un peu d’entretien et surtout par ce qu’elle est sur le rocher - la forêt classée est devenue impénétrable. Le jour où il y aura un incendie, personne ne pourra rien faire. Il faut absolument réaliser un dépressage sérieux de cette forêt."
Une action qui aurait par ailleurs le mérite, selon lui, de remettre en valeur des restanques historiques envahies par la végétation.
Autre motif d’agacement pour l’ADPF, l’ouverture du massif les jours de grand risque incendie conjuguant sécheresse et mistral.
"La route du Faron reste ouverte, uniquement pour satisfaire les quatre magasins au sommet", s’indigne l’ADPF (1). Elle estime que la présence de promeneurs sur les pentes du mont toulonnais - alors que la totalité des autres massifs varois est fermée au public à cause du risque incendie (journées rouges) - multiplie la possibilité de voir un feu se déclarer et pourrait causer des drames en cas de sinistre.

Les Gillet ont acheté le domaine de Tourris au Revest aux enchères en 1998. Plus de vingt ans après, ils sont enfin venus à bout de sa réfection. Un rêve d’enfant devenu réalité.
Ne lui parlez surtout pas de contrainte! René Gillet n’est là que pour s’amuser. Là, c’est dans son domaine de Tourris, au Revest, qu’il a acheté aux enchères il y a vingt ans et dont il finit tout juste la réfection.
Alors que la rénovation de la chapelle de 1608 s’achève, le propriétaire se dit "trop heureux de cet aboutissement": "Je le vis comme un enfant."
C’est justement depuis le plus jeune âge que cet entrepreneur breton rêve d’être un jour châtelain. "Quand j’étais petit, j’allais à la messe dans le Morbihan tous les dimanches et il y avait un comte. Mais on ne pouvait voir son château, caché derrière un mur. Alors je me disais que ce n’était pas grave, qu’un jour j’aurai mon château."
Le désir d’enfance devient réalité lorsque René et son épouse Mireille achètent le domaine revestois aux enchères en 1998. "Nous cherchions un domaine qui fasse dans les cent hectares, avec un château, de l’eau et qui soit abonné."
À l’époque, presque plus rien ne se passe à Tourris depuis déjà cinquante ans.
Le terrain fait 96 hectares, compte une source, douze puits et trois bassins. Et, bien sûr, un château avec tourelle et deux étages en plus du rez-de-chaussée.

Quelque 350.000 euros plus tard (en francs à l’époque), René réalise son rêve et devient châtelain. "C’est mon terrain de jeu!" Mais il a fallu du temps et des travaux pour redonner au domaine ses lettres de noblesse.
D’abord le rez-de-chaussée de la demeure de maître en 2001, puis ses étages en 2006, 2007. Les extérieurs - la cave, le reposoir, la bergerie - ont été rénovés à partir de 2015 et le terrain restructuré.
Les vignes, elles, avaient été plantées un peu en amont. Pour cet amateur de bonne chère, faire du vin était une évidence.
Boucher de formation et à la tête de NovoViandes, l’entreprise créée en 1974 et qui compte aujourd’hui 35 magasins autour de Paris et cinq cents employés en région parisienne, il propose désormais, les breuvages qui vont avec.
Ainsi, depuis maintenant huit ans, des bouteilles estampillées Saint-Jean-Baptiste de Tourris sortent de la cave de René Gillet. Avec ses deux hectares, il a même atteint le seuil des dix mille bouteilles dans les trois couleurs, que l’on peut découvrir les vendredis de 14 heures à 16 heures.

Avec le sentier de randonnée qui passe par le domaine, ce sont les deux seules possibilités pour apercevoir la rénovation menée ici. Non pas qu’il tienne à le garder des yeux du public, mais l’ouvrir, sous forme de chambre d’hôte par exemple, représenterait trop de contraintes pour René Gillet.
Et lui, tout ce qu’il veut, c’est le plaisir!
La belle restauration de la chapelle
Sur son site web, il cite Goethe: "Souviens-toi de vivre."
Autant dire que la philosophie affichée par Rémy Potey, restaurateur de peinture murale et auteur de la rénovation de la chapelle du domaine de Tourris, colle parfaitement avec la quête de plaisir et d’amusement de René Gillet. "Cette envie de mordre dans la vie est un dénominateur commun."
C’est en effet une vraie rencontre avec le propriétaire que l’artiste a vécue. "Le visage et le sourire de René Gillet ne me quitteront plus." Pas plus que le peintre du XIXe siècle, "probablement italien", auteur des décors à moitié effacés, ne l’a quitté pendant qu’il leur redonnait vie.
Rémy Potey, pendant près de quatre mois, sept jours sur sept, dix à onze heures par jour, a travaillé d’arrache-pied mais avec passion à restaurer cette chapelle dont une partie du toit était effondrée. "J’ai passé un mois et demi la tête à l’envers pour les peintures de la voûte", insiste-t-il.

Son dernier coup de pinceau, il l’a employé à rétablir la date des derniers décors visibles: 1865. Comme un hommage à leur auteur précédent.
D’abord autodidacte, Rémy Potey s’est finalement formé, en 1998, à la peinture murale au Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels, à Rome, fondé par l’Unesco. Il a alors eu l’occasion de travailler sur le plafond de la chapelle Sixtine.
Autant dire que les chanceux qui ont reçu une invitation à l’inauguration du domaine le samedi 1er juin, pourront découvrir un travail d’orfèvre. Y compris, le cadran solaire que Rémy Potey a peint sur l’une des façades du château, et dont il est l’un des rares spécialistes.

des siècles d'histoire
Le château et son domaine datent du XVIe siècle. Jusqu’à la révolution française, ils appartiennent à la famille Nas de Tourris, des nobles qui, craignant d’être décapités, quittent la France pour La Réunion. Certains de leurs descendants vivraient encore non loin.
Dans les années 1860, le domaine appartient à M. Tessier, un industriel. Il devient ensuite, en 1892, propriété de la famille Degasquet, avant d’être racheté par un autre industriel dans les années 1950, à partir desquelles le château sera en déclin, jusqu’à son acquisition par René et Mireille Gillet.