La Ville d’Ollioules met en place un système de "drive" pour les producteurs locaux sur le parking d’Estienne-d’Orves, situé dans la partie sud du centre historique.
L'initiative est née d'une concertation avec la Chambre d’agriculture du Var, dans le but d’aider notamment les personnes du centre-ville n’ayant aucun moyen de locomotion.
Le premier drive du genre se tiendra ce samedi à partir de 8 heures. La règle: un seul créneau par producteur et un seul client à la fois.
Comment ça marche? Le client choisit les produits qui l’intéressent ainsi que le créneau horaire qui correspond. Il contacte le producteur directement avant ce vendredi 17h.
Samedi matin, il se rend en voiture ou à pied sur le parking d’Estienne-d’Orves à l’heure indiquée par son producteur, en respectant bien les horaires et en préparant son moyen de paiement à l’avance. Le client récupère son panier et rentre chez lui.
Les créneaux
En ces jours où l'on reste chez soi, les photographes veillent à la longue vue.
Pris depuis ma fenêtre, sans bouger de chez moi.
Vous aussi, restez chez vous.
Cécile Di Costanzo


Tous droits réservés Cécile Di Costanzo pour Les Amis du Vieux Revest
Edouard Philippe a annoncé qu'en raison de la crise du coronavirus, les réunions de conseils municipaux élus au premier tour ne pourraient pas se tenir comme prévus.
MUNICIPALES - Ça ne sera pas pour tout de suite. Edouard Philippe a annoncé ce jeudi 16 mars le report des réunions de conseils municipaux élus au premier tour, qui devaient se tenir de vendredi à dimanche et permettaient de désigner maires et adjoints, en raison de la pandémie de coronavirus.
Les équipes sortantes dans environ 30.000 communes concernées voient donc leur mandat prolongé jusqu’à mi-mai au moins. A cette date, un rapport devra permettre d’indiquer “s’il est possible d’installer les conseils municipaux”, au regard des conditions sanitaires, selon le Premier ministre.
“Cette solution que nous proposons se fonde d’une part sur l’avis du président du conseil scientifique (le professeur Jean-François Delfraissy, ndlr) qui a indiqué aujourd’hui que les conditions sanitaires pour l’installation des conseils municipaux prévue par le code électoral entre demain matin et dimanche n’étaient plus réunies”, a précisé Edouard Philippe.
“Elle repose, d’autre part (...) sur une analyse partagée des contraintes qui pèsent sur nous”, a poursuivi le Premier ministre qui, accompagné du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et de celui des Relations avec le Parlement Marc Fesneau, s’était auparavant entretenu pendant près de deux heures avec le président du Sénat Gérard Larcher, les présidents de groupes et celui de la commission des Lois.
“Cette analyse a permis de construire une solution qui m’apparaît à la fois simple et claire et raisonnable”, a salué Édouard Philippe.
Plusieurs centaines de milliers de conseillers devaient effectivement se réunir à partir de vendredi, alors que la population est confinée chez elle. Une situation qui suscitait les réticences voire l’opposition de bon nombre d’élus.
“Dès lors que le conseil scientifique déconseillait (...) le report s’imposait”, s’est félicité auprès de l’AFP le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.
Le Premier ministre défendait jeudi après-midi devant le Sénat le projet de loi d’urgence présenté la veille en Conseil des ministres et dont le titre 1 prévoit également le report à juin du deuxième tour des élections municipales dans les quelque 5.000 communes où le premier tour n’a pas été concluant.
La date précise de ce second tour sera déterminée sur la base du même rapport attendu autour du 10 mai.
“Si nous devons conclure que l’épidémie rend impossible la tenue de l’élection en juin, nous reviendrons alors devant vous pour décider des meilleures mesures à prendre”, a souligné Édouard Philippe.
Cet arbre, originaire de la côte ouest des États-Unis, est aujourd'hui exploité de manière intensive en France, exactement comme on cultive des champs de maïs ou de blé.
C'est l'histoire du roi des forêts. Oui, un beau sapin, devenu roi de la forêt française depuis plusieurs décennies: le douglas. Ce pin, originaire d'Amérique du Nord, a envahi nos bois avec la complicité des êtres humains. On en trouve aujourd'hui des forêts entières dans le Limousin, en Bourgogne ou dans le Massif central. Ici, les douglas sont partout. Plantés en ligne droite, ils poussent de manière bien rectiligne, pas une branche ne dépasse. Comme des plants de tomates en serre. Ou un champ de poireaux. Vous avez compris le principe.

Pourquoi cet engouement pour le douglas, me demanderez-vous? Tout simplement parce que cet arbre a la particularité de pousser vite et de donner un bois résistant, les deux principaux critères permettant de vendre un maximum de matière première. On cultive donc le douglas de manière intensive, avec les mêmes procédés que dans l'agriculture. On plante, on laisse pousser le moins longtemps possible, et on récolte. C'est pour ces raisons que le douglas tend à supplanter les autres essences d'arbres dans certaines de nos forêts. Par endroit, ces champs d'arbres ont tendance à remplacer la forêt biodiversifiée que l'on connaît habituellement.
«C'est une menace dans le sens où, aujourd'hui, les forêts naturelles sont régulièrement rasées pour être replantées en douglas», explique François Bonnevialle, bûcheron indépendant en Saône-et-Loire. «On a une perte de forêts au profit de plantations. En Bourgogne, on a des massifs très impactés, comme le Morvan. Autour de chez moi, quasiment tous les chantiers forestiers sont des coupes rases replantées en douglas, quand on n'en est pas déjà à la seconde génération. Partout où c'est faisable, c'est ce qui se fait.»
Sur le plateau de Millevaches ou dans le Morvan, on plante de jeunes arbres, tous originaires d'une pépinière. On les laisse pousser quarante à cinquante ans, et on coupe tout pour planter de nouveau. Cette durée vous paraît longue? Pourtant, le cycle naturel de croissance est plus proche de quatre-vingts ans. Car plus on récolte vite, plus on a de bois, et plus on peut en vendre. À l'heure actuelle, le douglas est utilisé aussi bien pour fabriquer des palettes, des revêtements de façades de maisons que de la charpente.
«Le Limousin est un des deux principaux massifs de douglas en France. En surface, je pense que c'est en Limousin qu'il y en a le plus, et en volume, c'est dans le Morvan», détaille Emelyne Faure, technicienne forestière indépendante. «C'est à peu près les mêmes dynamiques sur les deux territoires. En Limousin, le douglas est devenu la première essence de reboisement après la tempête de 1999. C'est la première essence résineuse.»
Dans la région, l'histoire du douglas remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque les porcelainiers de Limoges ont importé différents arbres des États-Unis, dont le douglas. Puis c'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que ce pin est devenu l'essence reine, systématiquement utilisée pour les reboisements de forêts coupées, grâce à un sacré coup de pouce de l'État: le Fonds forestier national (FFN).
«Le douglas est devenu une réelle essence de reboisement intense avec le FFN. C'était une structure émanant de l'État, gérée par le ministère de l'Agriculture. Après la Seconde Guerre mondiale, quand on a constaté qu'il manquait de bois en France pour la reconstruction et la pâte à papier, il y a eu une grande campagne de financement pour faire des plantations, qui a duré de 1946 jusqu'à 1999», relate Emelyne Faure.
«En Limousin, la première essence qui a été reboisée avec le FFN, c'est l'épicéa commun. C'est ce qui a été essentiellement planté dans les années 1950-1960. Ce n'est qu'à partir des années 1970 que le douglas a été véritablement introduit en Limousin. Il a été choisi parce que l'expérience montrait que même si c'était une essence exotique, elle s'était très bien acclimatée à notre territoire. C'est une essence très plastique, qui pousse dans des zones très sèches et très humides, toutes altitudes confondues. C'est une essence qui s'est très bien adaptée à notre territoire, dans le Limousin et tout le massif central», précise la technicienne forestière. En bref, une essence qui pousse facilement, sur tous types de sols et dans tous les climats.
Plus d'un demi-siècle après son implantation en France, le douglas est devenu un incontournable de nos forêts. On le retrouve tout au long de la filière bois, de l'arbre sur pied au meuble en kit acheté en magasin. C'est bien pour ça qu'il est si populaire, parce qu'il répond à toutes les attentes des industriels.
«On optimise la forêt pour l'industrie, déplore François Bonnevialle. Pour beaucoup de gens, à commencer par les utilisateurs, la forêt est vue comme une ressource en bois. Du coup, si on veut optimiser l'exploitation de cette ressource, il faut qu'elle soit facilement industrialisable. Pour ça, il faut des arbres qui ont des structures assez simples. Si vous regardez l'architecture d'un douglas et celle d'un chêne, par exemple, ça n'a rien à voir. Un douglas est très facile à mécaniser, au moment de l'abattage et du débardage [la coupe et l'acheminement hors de la forêt, ndlr]. Les plantations permettent de rationaliser tout ça en faisant des coupes d'arbres.»
Avec tout ce que l'on sait, le douglas serait donc l'arbre à abattre pour préserver nos forêts? En réalité, le problème n'est pas si simple. Pour Emelyne Faure, «l'arbre en lui-même n'est pas le problème, le problème c'est sa gestion». «Ce n'est pas au douglas qu'il faut en vouloir, c'est aux forestiers, assure-t-elle. Le fait qu'il soit planté en monoculture, qu'il soit coupé jeune. La sylviculture dominante du douglas est une sylviculture intensive, où on plante en monoculture, on dégage, on fait une ou deux éclaircies et à quarante ans on rase tout et on recommence. C'est vrai que ça ressemble plus à un champ de maïs, même si c'est sur quarante ans et pas une année, qu'à une forêt.»
Même son de cloche du côté de François Bonnevialle, en Bourgogne: «Il y a l'essence mais il y a aussi la sylviculture qui est associée à ça. Le douglas, en soi, n'est pas forcément une catastrophe. Par contre, la sylviculture régulière avec des cycles courts et des coupes rases, ça c'est vraiment un gros problème. Ça met sous le tapis les aspects autres que la production de bois qui existent dans une forêt, comme la biodiversité, la constitution des sols, les animaux, les champignons, les bactéries, la filtration de l'eau... ce qui fait toute la vie d'une forêt permanente. Quand on passe sur une monoculture, tout ça est sous le tapis.»