Quelques centaines de milliers de Français sont dans la rue pour protester contre l’obligation d’un « passe sanitaire ». Il ne s’agit plus simplement d’un mouvement d’humeur mais d’une révolte populaire qui n’est pas sans rappeler le mouvement des Gilets jaunes (2019) et celui des Bonnets rouges (2013).
Pas question ici de prendre position sur l’obligation du passe sanitaire. Nous ne nous demanderons pas s’il s’agit d’une mesure de salut public ou d’une atteinte insupportable à la liberté. Mais nous nous interrogerons sur la notion de liberté et le respect des procédures démocratiques par le gouvernement français...
Dans le droit fil de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, nous tendons à penser que la liberté « consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (Article IV de la Déclaration). Ainsi puis-je revendiquer le droit de ne pas me vacciner, ne pas attacher ma ceinture de sécurité, ne pas inscrire mes enfants à l'école, mais aussi porter un voile (si je suis une femme) ou encore payer une femme pour qu'elle porte un enfant conçu à partir de mes gamètes.
L'application stricte de cette définition conduit à une impasse. Il faut beaucoup de contorsions en effet pour justifier d'un côté le refus de se faire vacciner, d'autre part l'acceptation de la ceinture de sécurité. Si j’accepte l’obligation de porter la ceinture de sécurité en voiture ou encore de me faire vacciner contre la fièvre jaune quand je vais dans certains pays, pourquoi devrais-je contester l’obligation du passe sanitaire dans les magasins et les lieux de spectacle ?
On pourra rétorquer que le vaccin contre la fièvre jaune a été validé par l’expérience, ce qui n’est pas le cas du vaccin contre le covid. C’est affaire de débat et c’est là le nœud de l’affaire. Qui peut juger du bien-fondé d’une contrainte ? Face à un enjeu collectif, chacun est-il habilité à agir selon son opinion personnelle, ce qui revient à supprimer toute contrainte ?
Chaque société, pour conserver sa cohésion, doit imposer des règles de conduite communes, comme par exemple, en France, inscrire ses enfants au cursus scolaire commun, respecter le code de la route, ne pas dissimuler son visage, ne pas faire commerce de ses organes, etc. Toutes ces obligations et bien d’autres, qui limitent de fait la liberté individuelle, sont admises par l’ensemble des citoyens. Pourtant, elles ne coulent pas de source et plusieurs d’entre elles sont ignorées par des pays tout aussi démocratiques que la France.
Les députés de l’Assemblée nationale de 1789 ont eux-mêmes convenu de la nécessité d’imposer des bornes à la liberté individuelle. Ils ont pris soin de souligner que « ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi » (Article IV) en précisant : « La loi est l'expression de la volonté générale » (Article VI). En d’autres termes, la loi doit émaner du Peuple souverain (j'aime bien cette formule qui nous vient de Rousseau). C'est essentiel pour l'acceptabilité de la loi car toute loi contient des obligations susceptibles d'affecter telle ou telle catégorie de citoyens. Une loi qui ne gênerait personne et ne contiendrait que des obligations consensuelles serait inutile.
Si une loi est promulguée sans débat comme il est de règle dans les régimes despotiques, les catégories affectées par cette loi vont tendre à s’y opposer de toutes les façons possibles (révolte ou désobéissance massive) en arguant de son illégitimité. Le gouvernement n’aura d’autre solution que de mettre au pas les récalcitrants par la répression et les tribunaux.
Si par contre une loi est véritablement débattue au Parlement, alors les citoyens auront le loisir de peser les termes de l’enjeu et d’en discuter entre eux s’il en est besoin. Au final, ils seront portés à accepter le vote de leurs députés et il ne sera pas nécessaire de mobiliser policiers et juges pour faire appliquer la loi. C’est tout l’avantage de la démocratie (étymologiquement, le « gouvernement par le peuple ») sur le despotisme (le « pouvoir d’un seul »)... Et c'est d'évidence ce qui a manqué à la loi sur le passe sanitaire, dont le vote, acquis d'avance, n'a pas fait l'objet d'un débat approfondi et contradictoire.
Dès lors que les gouvernants jouent le jeu de la démocratie, dès lors que les citoyens connaissent et comprennent les règles sociales qui s'appliquent à chacun et les limites qui s’appliquent à leurs pulsions et leurs désirs, chacun peut vivre dans la sérénité. L'ennemi de la liberté, ce ne sont pas les limites à cette liberté, sous réserve qu'elles aient fait l’objet d’un vote démocratique, mais c'est l'arbitraire et l'opacité.
Parions que si le gouvernement français avait laissé les parlementaires dé-battre du passe sanitaire sans leur forcer la main, nous n'en serions pas venus à nous battre dans la rue à son propos ! Dès le début de la pandémie, notons-le, il a requis l’état d’urgence. En s'appuyant sur une majorité de députés « godillots », il a pu faire passer des mesures coercitives d’une rare violence (confinement général) et parfois ubuesques (auto-attestations de sortie, limitation à 30 du nombre de fidèles dans les lieux de culte, cathédrale ou chapelle, etc.).
Les manifestations contre l’obligation du passe sanitaire traduisent l’exaspération de citoyens privés d’un débat démocratique et ouvert sur ces questions comme sur bien d'autres. Cette exaspération a des racines profondes. Elle vient en premier lieu de la judiciarisation de la loi, qui a débuté avec l’extension du droit de saisine du Conseil Constitutionnel en 1974, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Depuis lors, les magistrats français et européens, sans autre légitimité que d’avoir été nommés à leur poste par des homologues bienveillants, n’ont de cesse de grignoter des parcelles de pouvoir. Ils en viennent à encadrer la loi sans que les représentants du Peuple souverain aient leur mot à dire.
La classe politique a accepté cette judiciarisation parce qu’elle sert son dessein, qui est de déléguer aux instances européennes les instruments de la souveraineté nationale : monnaie, maîtrise des frontières, droit de la citoyenneté, etc. Chaque fois qu’émerge une tentative de renforcer la souveraineté nationale, autrement dit la maîtrise de leur destin par les citoyens, il se trouve un tribunal (Conseil Constitutionnel, Conseil d’État, Cour de justice européenne) pour y faire obstacle avec les meilleures intentions du monde.
Si les députés s’inclinent si facilement, c’est que depuis l’introduction du quinquennat en 2000 et l’alignement du mandat présidentiel sur la législature, il n’y a plus de débat véritable au Parlement. Les élections législatives suivant de quelques semaines l’élection présidentielle, les électeurs sont naturellement portés à donner une majorité très confortable à l’hôte de l’Élysée, lequel se trouve dès lors assuré pendant cinq ans d’un pouvoir quasi-absolu, plus important que celui dont pouvait jouir Louis XIV !
L’illustration la plus percutante de cette dérive antidémocratique nous a été fournie en 2005 (16 ans déjà !) par le référendum sur le traité constitutionnel européen. Au terme d’une campagne intense et richement argumentée, ce texte a été clairement rejeté par les citoyens et malgré cela imposé par la classe politique, tous bords confondus, sous le nom de traité de Lisbonne.
Sauf sursaut démocratique comme nos cousins britanniques en ont donné l’exemple en restaurant leur souveraineté, il est à craindre que nous nous éloignions de l'idéal démocratique avec un pouvoir qui ne laisse aucune chance au vote populaire chaque fois que celui-ci cherche à exprimer sa différence ou ses inquiétudes, que ce soit sur les institutions européennes, l'écotaxe ou le passe sanitaire.
André Larané
Imaginez que le miel de lavande soit interdit, et que le nougat de Montélimar disparaisse. Dans la Drôme, tous les acteurs économiques utilisant de la lavande sont aujourd'hui vent debout. Un projet de réglementation européenne pourrait conduire à classer ce produit naturel comme dangereux.
Publié le 27/07/2021 à 15h53 • Mis à jour le 29/07/2021 à 09h33
Et si les champs de lavande disparaissaient du paysage ? Dans la Drôme, l'inquiétude est grande chez les producteurs et tous les acteurs économiques utilisant ce produit naturel. En cause : une réglementation européenne qui pourrait être adoptée début 2022.

Producteurs, distillateurs, transformateurs et surtout consommateurs. Parfumeurs, savonniers et tous ceux qui font de l'aromathérapie ou des infusions. La liste des métiers et filières économiques est longue. Tous sont concernés et menacés par un projet de réglementation européenne. Alors, en cet été 2021, dans les champs de la Drôme, des panneaux d'alerte sont désormais visibles de tous : "Lavandes en danger - Cessation d'activité" peut-on lire ici et là.
Dans la vallée de la Drôme, dans le Diois, des pancartes affirmant le contraire poussent comme des champignons aux abords des champs. Ici, les touffes violettes font partie du décor. Mais à entendre les producteurs de lavande, Bruxelles et les députés européens pourraient bien les rayer de la carte postale. "C'est toute une région, toutes des filières qui vont être impactées et qui vont disparaitre", affirme Alain Aubanel. Mais d'où vient la menace ?
"Ce qui se prépare à Bruxelles, c'est une réglementation qui s'appelle la stratégie de la chimie durable, prévue pour quantifier et qualifier toutes les molécules chimiques", explique le président du Syndicat des plantes à parfum, aromatiques et médicinales de France. Objectif : "un environnement exempt de substances toxiques", annonce la Commission Européenne. Sauf que "les produits naturels sont considérés comme des assemblages de substances. Du coup, ils ne passeront jamais les tests", poursuit Alain Aubanel.
Bien sûr, l'Union Européenne ne va pas simplement interdire la lavande. "C'est plus subtil que ça". La réglementation vise à interdire telle ou telle molécule.
Nous, dans nos lavandes, on a plus de 600 molécules. Donc, à chaque fois qu'une molécule sera dans le collimateur de Bruxelles, automatiquement la plante sera balayée. - Alain Aubanel, Pdt du syndicat des plantes à parfum, aromatiques et médicinales de France
Exit la lavande, le thym, le romarin ou encore la sauge. "Toutes les huiles essentielles et produits naturels sont concernés". Et du coup menacés d'interdiction, dans leur utilisation et consommation. À terme, il n'y aura plus de production de plantes en France ou en Europe, selon Alain Aubanel.
Pour répondre à cette question, direction la savonnerie artisanale de Montélier. Franck Peiffer en est l'un des fondateurs. Lorsqu'il a pris connaissance de ce projet de réglementation européenne, il avoue "avoir bondi et pleuré". Le savonnier à froid rappelle les règles de base de son entreprise artisanale : "zéro produit toxique, zéro produit chimique". La problématique d'aujourd'hui réside dans la composition de la lavande, et notamment dans l'une de ses centaines de molécules.
Dans la lavande, il y a un allergène potentiel qui s'appelle le linalol. Mais en 13 ans d'existence, dans notre registre des réclamations, nous n'avons jamais eu une seule requête concernant une allergie à partir de nos produits. Franck Peiffer, co-fondateur de la savonnerie Gaiia
Le savonnier est rempli d'effroi à l'idée que cette réglementation européenne entre en vigueur début 2022, et de ses conséquences pour les petits acteurs de la filière cosmétique. Interdire les produits naturels comme la lavande ouvrirait la porte à l'utilisation des produits et parfums de synthèse. "Oui, on pourrait (en utiliser dans les formules). Cela coûterait moins cher, ce serait beaucoup plus simple, mais ce serait une horreur totale par rapport à notre éthique", rétorque le dirigeant. "Sous prétexte d'avancer dans le bon sens, avec ce "Pacte vert", en fait... on marche à reculons."
"On est un peu à l'envers de l'histoire"
Ce qui irrite particulièrement Alain Aubanel dans cette réglementation, "c'est qu'on ne fait pas de différence entre un produit naturel et un produit chimique, qu'on mélange le risque et le danger. (...) On va faire disparaitre des métiers, des utilisations ancestrales pour laisser le champ libre à des produits de synthèse." Le producteur de lavande les imagine déjà inonder le marché, en provenance d'Inde ou de Chine. Une aberration compte-tenu des productions locales et des circuits courts déjà en place pour la lavande et autres produits naturels.
Aujourd'hui, le consommateur veut du naturel. Les producteurs font du naturel et depuis quelques années, les entreprises font des efforts énormes pour avoir des produits d'une qualité et d'une traçabilité parfaites. Des produits qui ne soient pas du tout négatifs, ni pour l'environnement, ni pour l'utilisateur. Et ce type de réglementation, cela va tout casser. Alain Aubanel, Pdt du syndicat des plantes à parfum, aromatiques et médicinales de France.
La lavande en France c'est une filière énorme. Cela représente 2.500 producteurs, 130 distilleries, et 300 entreprises qui représentent la parfumerie, la cosmétique, l'aromathérapie. "Là, on est sur des milliards d'euros de chiffres d'affaire". Thierry Bizouard est le patron d'une distillerie du Diois qui produit 36 huiles essentielles, vendues en pharmacie et dans les commerces bio. L'homme reconnait que "les huiles essentielles peuvent être dangereuses si elles sont mal utilisées". Mais de là, à les interdire...
Depuis l'Antiquité, on utilise les huiles essentielles, et tout le monde en connait les bienfaits. Pourquoi nous enquiquiner avec ça aujourd'hui ? Je crois que tout le monde confond produits naturels et produits chimiques. Thierry Bizouard, président de la distillerie Nateva
La nouvelle réglementation européenne inquiète toute la filière. Et pas seulement celles des huiles essentielles. L'impact économique s'annonce catastrophique pour bon nombre de professionnels et d'activités liés à la lavandiculture. Prenez le miel par exemple : "pas de lavande, pas de plantes, plus d'apiculture", répète Alain Aubanel. Et saviez-vous que le miel de lavande entre à 25% dans la composition du nougat de Montélimar ? C'est inscrit dans le cahier des charges de la célèbre confiserie.
Cela va détruire des pans entiers de l'économie, de l'agriculture. Nous, en montagne, si on nous enlève la lavande, mais qu'est-ce qu'on va faire ? S'occuper des touristes ? Mais ils ne viendront plus parce qu'ils sont friands de la lavande. Alors, que faire ? Thierry Bizouard, distillateur dans le Diois
Le distillateur drômois qui emploie cinquante personnes, ne comprend pas cette "protection à outrance" envisagée par Bruxelles. "On est dans le bio, dans l'équitable, on retourne tous aux sources... Et pourquoi là, on veut nous faire aller dans l'autre sens ?" Dans la Drôme, terre de lavande, la mobilisation bat son plein. "On n'est pas contre, mais ce que l'on demande, c'est une réglementation spécifique et adaptée aux produits naturels", insiste Alain Aubanel.
Les lavandiculteurs et autres professionnels veulent alerter les politiques et l'opinion publique afin d'empêcher le classement de leur production en produits chimiques. Et ainsi préserver un écosystème emblématique du sud-est de la France.
Dans un message envoyé à notre rédaction, la représentation de la Commission européenne en France affirme que "l’UE ne veut pas interdire les huiles essentielles ni de lavande, ni de thym, ni de romarin. Les craintes à ce sujet sont infondées." Certes, la législation européenne va être révisée, "mais comme avant tout changement de législation, la Commission européenne consultera très largement tous les acteurs du secteur." Et l'objectif de cette nouvelle réglementation est e mieux protéger les consommateurs et l'environnement.
Concernant le calendrier, la représentation de la Commission européenne en France précise qu'il n'y auras de proposition législative avant fin 2022. Proposition qui devra ensuite "être discutée puis adoptée par le Parlement européen d’un côté, et par le Conseil qui réunit les 27 Etats membres de l’autre." Autrement dit, la nouvelle législation n’entrera pas en vigueur avant 2025.
L'union des professionnels de la filière Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales (PPAM) a lancé, le 26 juillet 2021, une pétition sur internet "contre la disparition des huiles essentielles et des produits naturels", à l'adresse de la Commission Européenne.
Objectif : exiger de la Commission Européenne une approche spécifique, adaptée aux produits naturels et aux huiles essentielles. "Car si nous n’intervenons pas dès maintenant, ce sont des produits de consommation de tous les jours (comme le savon à la lavande), des exploitations agricoles et de nombreux savoir-faire authentiques qui pourraient venir à disparaître."
24h après sa mise en ligne, la pétition a recueilli 834 signatures sur le millier escompté.
Aude Henry avec Hugo Chapelon et Stéphane Hyvon
Dominique Ramel, dit Ramel de Nogaret, député de l'Aude et ministre des Finances du Directoire, remet à plat le système fiscal hérité de la Révolution.
Après la « banqueroute des deux tiers », il instaure le 24 novembre 1798 un nouvel impôt sur les portes et fenêtres, qui a l'avantage de pouvoir être établi depuis la rue par les agents du fisc sans contestation possible. Il fait référence à un précédent britannique et mieux encore à l'ostiarum, un impôt créé par Jules César !
Croyant à une mesure temporaire, le gouvernement français réhabilite à cette occasion le nom ancien d'impôt au lieu du nom plus convenable de « contribution » introduit par l'Assemblée Constituante dix ans plus tôt. Dans les faits, le nouvel impôt ne sera aboli que par le Cartel des gauches, en 1926.
Fenêtres murées depuis la Révolution sur la façade nord du château de Dardennes
Très impopulaire en Angleterre et dans les pays européens où les armées révolutionnaires vont l'introduire, l'impôt sur les portes et fenêtres a pour effet de réduire le nombre d'ouvertures dans les habitations, au détriment de la santé publique. À Londres, une hausse de cet impôt en 1820 a pour conséquence le développement du rachitisme, aussitôt qualifié de « mal anglais ». Autre conséquence dommageable : les fenêtres à meneaux héritées de la Renaissance sont détruites en masse car, pour les agents du fisc, elles équivalent à quatre fenêtres !
Le fenêtre à meneau de la rue de la Tour au Revest © Cécile Di Costanzo pour les Amis du Vieux Revest
En France, on peut mesurer le rejet de ce système dans l'opinion publique à ce passage des Misérables (1862) de Victor Hugo :
«Il y a en France treize cent vingt mille maisons de paysans qui n'ont que trois ouvertures, dix-huit cent dix-sept mille qui ont deux ouvertures, la porte et une fenêtre, et enfin trois cent quarante mille cabanes qui n'ont qu'une ouverture, la porte. Et cela, à cause d'une chose qu'on appelle l'impôt des portes et fenêtres. Mettez-moi de pauvres familles, des vieilles femmes, des petits enfants, dans ces logis-là, et voyez les fièvres et les maladies ! Hélas ! Dieu donne l'air aux hommes, la loi le leur vend!»
Fabienne Manière
Y a-t-il plus d'incendies dans les Alpes-Maritimes et le Var? Non, répondent les experts qui étudient la question. Pour autant, la gestion des feux reste incontournable sur notre territoire, sujet à une hausse inquiétante des températures, notamment en été. Quels facteurs doivent être pris en compte et comment se mobiliser pour éviter que des hectares partent en fumée? Météorologues, scientifiques et autorités publiques esquissent une réponse.
Trois hectares brûlés à Bar-sur-Loup, deux autres feux déclarés puis rapidement maîtrisés pas plus tard qu’en début de semaine à la Londe ou encore à Hyères, l’été apporte son lot de mauvaises nouvelles en matière d’incendies et pour la forêt méditerranéenne. Selon la base de données Prométhée, qui recense les incendies dans la zone méditerranéenne, 66 hectares seraient partis en fumée depuis le début de l’année dans les Alpes-Maritimes. Si le chiffre est beaucoup plus contenu dans le Var pour l’année en cours, ce département enregistre en revanche plus de 1.000 hectares brûlés en moyenne par an entre 2016 et 2020, soit le département le plus touché de la région Sud après les Bouches-du-Rhône.

"Le feu représente l’une des plus importantes perturbations subies par les écosystèmes forestiers méditerranéens, avec 600.000 hectares brûlés chaque année dont 10.000 ha en France", alertait et confirmait l’Inrae (Institut national de la recherche agronomique) dans un article publié en avril 2019. Moins fréquents mais plus violents, comment faire face à la menace d’incendies ? Entre dérèglement climatique et responsabilités humaines, autorités locales, scientifiques et météorologues appellent à la vigilance.
"Pour comprendre le déclenchement des incendies, il faut prendre en compte la température et l’humidité de l’air. Plus il va faire chaud, plus les plantes vont transpirer, être sèches et devenir un excellent combustible." Florence Vaysse travaille à Météo France et étudie avec précision les évolutions en matière de climat.
Le réchauffement climatique et son lien avec les incendies, ce sujet fait régulièrement l’objet de rapports par des équipes de scientifiques de Météo France comme en 2014 où l’organisme prévoyait déjà en 2021 une hausse des températures moyennes entre 0,6 et 1,3 °C, "plus forte dans le Sud-Est en été". C’est également dans cette partie de la France que Météo-France prévoyait dans le même rapport une augmentation "du nombre de jours de vagues de chaleur en été".
"Les étés ont de plus en plus tendance à s’étirer dans le temps, de juin à septembre, et avec eux la période propice aux incendies", poursuit Florence Vaysse. En juin 2019, Météo France enregistrait ainsi une chaleur record dans l’Hérault avec des températures atteignant les 46°C. "L’alerte canicule rouge avait été lancée… Impensable il y a encore quelques années pour un mois de juin", souffle la météorologue.
Faut-il s'inquiéter d'autres phénomènes climatiques, comme le vent ? Météo France n’enregistre pas, contrairement à ce que l'on pourrait ressentir, une recrudescence des vents. "L’année où Météo France enregistre le plus de vent remonte à 1956 avec 73 jours de vents forts, remarque Florence Vaysse. En 2017, l’année où il y a eu de grands incendies dans le Var et les Alpes-Maritimes, on a enregistré 35 jours de vents forts."
“Le vent joue un rôle dans la propagation mais ce qui va déterminer le départ d’incendies, ça va être l’absence de précipitations, des températures élevées et le taux d’humidité de l’air qui favorise la transpiration de plantes et donc leur sécheresse”, poursuit la météorologue.

Ce sont ces vagues de chaleur prolongées qui inquiètent de plus en plus les scientifiques. Julien Ruffault travaille à l’Inrae, l’institut de la recherche agronomique. "Si les feux se déclenchent à un moment de chaleur extrême, on remarque que les pompiers ont plus de difficulté à les contenir" note-t-il.
Depuis plusieurs années, Julien Ruffault s’intéresse au lien entre climat et incendies, une question extrêmement complexe tant les paramètres à prendre en compte sont nombreux et évoluent dans le temps.
"Si vous regardez les statistiques, le risque d’incendies est en réalité aujourd’hui contenu," note le chercheur.
Depuis la fin des années 80, les autorités ont mis en place un réseau de surveillance et une politique de prévention efficaces.
Le spécialiste souligne également l’efficacité de mesures comme la fermeture ou la limitation d’accès aux massifs à la suite des incendies spectaculaires de 2003. Mais une question le taraude : combien de temps ces mesures vont pouvoir fonctionner face à des épisodes de chaleur toujours plus intenses ?
Pour les spécialistes, il faut prendre en compte une autre problématique : "l’interface habitat/forêt".
"Plus on a d’habitations, plus les possibilités d’incendies accidentels se multiplient", poursuit Julien Ruffault. Ce fut notamment le cas aux Castagniers, à Nice, en juillet 2017, quand un barbecue mal éteint ravagea 150 hectares.
Outre la cohabitation homme/nature, l’étalement urbain a aussi des conséquences sur la qualité des sols et entraîne la formation d’une biomasse (matière organique) combustible. Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour demander d’agir davantage sur l’aménagement du territoire : "Là où les pompiers seront occupés à sauver des gens prisonniers de leurs habitations, ils agiront moins vite sur la progression des flammes."
C’est précisément pour éviter ce genre de dilemme que les pouvoirs publics ont adopté une série de mesures pour aider les communes à prévenir les risques.
Notamment à travers le Plan de prévention des risques contre les incendies (PPRIF), institué par la loi Barnier de 1995 sur la prévention des risques naturels. Annexé au Plan local d’urbanisme (PLU), il peut être utilisé lors de l’octroi de permis de construire. Son application demeure délicate et parfois laissé même à l’appréciation des juges.
Il est ainsi déjà arrivé, pour des constructions d’habitations privées, que des préfets saisissent la justice comme ce fut le cas dans la petite ville de Lucciana en Haute-Corse en 2017 où le préfet s’opposa à la décision du maire de vendre et rendre constructible une parcelle contenue dans le PPRIF.
Une autorisation de vente finalement accordée par la cour administrative d’appel de Marseille qui jugea que ladite parcelle se trouvait à proximité de plusieurs points d’eau et "dont l’environnement immédiat était faiblement boisé".
Incendie des Argériès 12 septembre 2018
En tout, les incendies représentent 6% des interventions des pompiers. Dans l’ordre, le site des soldats du feu énonce : "Les feux d'habitation représentent la plus grande part, suivis de près par les feux sur voie publique, puis par les feux de véhicules et les feux de végétation."
Pour combattre les incendies, de nombreuses technologies sont développées comme des canadairs plus puissants, des drones, l’élaboration de produits chimiques destinés à retarder la propagation des feux…
Des accords internationaux ont également été établis entre les différents pays d’Europe pour agir vite en cas d’incendies comme ça a été le cas en Sardaigne (Italie), pas plus tard que ce 25 juillet où la France et la Grèce ont dépêché des canadairs à la suite de violents incendies.
“Il faut bien insister sur l‘origine humaine des incendies, insiste Florence Vaysse. A plus de 90%, ce sont les gens avec un barbecue, une cigarette ou des travaux à la maison, comme tailler une haie et des étincelles, qui vont déclencher un feu.”
Dès lors, quelles bonnes pratiques adopter face au risque d’incendie ? La Région Sud a consigné les bons gestes à adopter pour lutter contre les incendies dans son plan climat régional baptisé "Guerre du feu" et adopté en 2017, à la suite des incendies ravageurs dans le Var et les Alpes-Maritimes.
Information et sensibilisation du public y tiennent une place de taille avec, notamment, la mise en place d’une Garde régionale forestière, composée de 169 jeunes cette année et chargée de sensibiliser habitants et touristes au risque incendie.
“Il y a des choses que vous pouvez faire vous-même”, précise le site de la Région Sud qui insiste sur le débroussaillage à domicile, mais aussi dans les différentes communes, “la présence de broussailles étant souvent une cause de progression rapide des incendies”.
Quant à ceux qui partent en balade, elle recommande de vérifier l’accès aux massifs autorisés avant de se mettre en route ainsi que le respect de bonnes pratiques une fois sur place, comme, par exemple, ne pas jeter de cigarette ou ne pas faire de feu à moins de 200 mètres d’un massif.
Pour les plus technologiques et ceux qui voudraient avoir des informations à portée de main, une application est par ailleurs proposée par l’association l’Entente pour la forêt méditerranéenne. Baptisée "Prévention incendie", elle est disponible sur iPhone et Androïd et permet au grand public de connaître les modalités d’accès aux massifs forestiers en fonction du niveau de risque incendie.
Chacun s’est ému à juste titre de l'étoile jaune « Sans Vaccin » arborée par des manifestants, ces derniers jours. Cette mascarade témoigne de la bêtise abyssale desdits manifestants qui situent l'obligation du passe sanitaire au même niveau de violence que la Shoah. Ils ont tout oublié de ce qu’ils ont appris à l’école sur les horreurs du nazisme. C'est un témoignage parmi d'autres de l'indécence qui envahit les débats publics...
Déjà, il y a quelques années, des militants immigrationnistes, valise à la main, simulaient un départ pour les camps de la mort en vue de dénoncer les contrôles d’identité d’immigrants illégaux.
Plus généralement, depuis plus de deux décennies, aux États-Unis et maintenant en France, l’Histoire est allègrement bafouée par des universitaires. Ils n’ont pas l’excuse comme Alexandre Dumas de lui « faire de beaux enfants » mais la brutalisent sans scrupule à seule fin de la rendre méconnaissable et haïssable.
Les énergumènes qui déboulonnent les statues de Schœlcher, Lincoln ou Colomb… ou décrochent le portrait d’Elizabeth II ont le visage hideux de la bêtise, celle qui sert tous les tyrans. Ce sont les frères en démonerie des jeunes nazis qui brûlaient les « écrits juifs nuisibles » en 1933 ou des gardes rouges chinois qui torturaient à mort leurs professeurs en 1966. Leur haine des uns et des autres se nourrit de la lâcheté des citoyens, de notre lâcheté.
La langue et la littérature en prennent aussi pour leur grade. Des plumitives (le féminin s’impose) ne craignent pas de soutenir que la langue de Molière serait à l’origine de leur soumission ancestrale du fait de la prévalence du masculin sur le féminin dans les accords grammaticaux. Peu importe la réalité, à savoir que la France d’Aliénor, Christine de Pisan, Jeanne d’Arc, Mme du Châtelet, George Sand, etc. etc. peut s’enorgueillir de respecter et honorer les femmes plus et mieux (moins mal en tout cas) que la plupart des autre pays !
Voilà donc notre langue à son tour martyrisée par une écriture « inclusive » qui fait écrire sur les affiches de la Mairie de Paris : « Chèr.e.s Parisien.ne.s » (avec accent grave !). Que ceux qui ne comprennent pas cette orthographe s’adressent à Madame la Maire de Paris, ville autrefois appelée Ville-Lumière.
Dans les universités ou les théâtres, lieux culturels destinés à la diffusion du savoir et financés par des travailleurs qui, eux, n’ont jamais bénéficié dudit savoir, on censure à tour de bras sous les prétextes les plus risibles ou les plus contestables.
Telle philosophe croit que la procréation médicale assistée doit rester un acte thérapeutique. Qu’elle soit brûlée ! Celui-là joue une pièce du répertoire grec avec des masques africains. Qu’il soit pendu ! Et que dire de cet éditeur néerlandais qui a voulu confier à une « blanche » la traduction d’un poème de l’Afro-Américaine Amanda Gorman ? Devant le tollé, il a dû renoncer et s’excuser. L’éditeur français Fayard n’a pas pris de risque : il a officiellement confié la traduction à une chanteuse africaine. À grotesque, grotesque et demi.
Nous n’avons pas fini de nous amuser car, selon une formule célèbre, « quand la borne est franchie, il n'est plus de limites ! » Au sein de la mouvance LGBTQIA+ (nous nous sommes renseignés, ça voudrait dire : Lesbien Gay Bi Trans Queer Intersexe Asexuel…) qui conteste le caractère sexué de la nature humaine, ne voilà-t-il pas que des trans (hommes devenus « femmes ») voudraient participer aux compétitions féminines, au grand scandale des sportives ordinaires. Ca tangue dans les « luttes intersectionnelles » !
Qui dit mieux ? Hé bien, le comble de l’indécence serait à chercher chez les multimilliardaires. Richard Branson, Jeff Bezos et Elon Musk, détenteurs d’une richesse sans mesure (merci à tous les utilisateurs d’internet et du commerce en ligne), n’ont encore rien trouvé de mieux que de s’envoyer dans l’espace et ils invitent tous les Midas de la planète à en faire autant… contre espèces sonnantes et trébuchantes. Belle idée ! Quand l’humaine humanité se demande comment survivre au dérèglement climatique et à la pollution causés par nos SUV, nos écrans vidéos géants, nos aéronefs, voilà que se profile une nouvelle activité encore plus énergivore et polluante que les précédentes. Au moins, « cela créera des emplois » !
Après ce survol très incomplet de notre époque, dites-nous à qui vous attribuez la palme du grotesque.
André Larané
Publié ou mis à jour le : 2021-07-26 05:40:13